Lomé, le 16 avril 2024-(©AfreePress)L’Assemblée nationale togolaise, dans une manœuvre politique audacieuse, a récemment adopté une proposition de loi qui incarne une révision constitutionnelle d’une ampleur sans précédent. Ce changement, qui s’ancre dans une série d’analyses approfondies et de réflexions sur la gouvernance actuelle, promet de révolutionner le paysage politique national en instaurant un régime parlementaire qui apportera plus de stabilité et d’efficacité dans l’exercice du pouvoir.
La nécessité de cette transformation se fait écho d’une volonté de s’adapter à l’évolution de la société togolaise, d’une ambition de rompre avec les vestiges d’un passé politique qui ne répond plus aux exigences contemporaines. La réforme constitutionnelle, initiée suite à de profondes réflexions, se veut être la réponse à des limites et des insuffisances d’un régime jugé désuet. L’objectif est clair : ériger un système qui promeut la stabilité politique et qui résonne avec les idéaux de la République.
Le régime parlementaire, aspire à une responsabilisation accrue du gouvernement, à une flexibilité et une réactivité politiques renforcées. Loin de l’autoritarisme potentiel d’un régime présidentiel ou semi-présidentiel, cette nouvelle forme de gouvernance promet un contrôle renforcé de l’exécutif par le législatif et offre ainsi un gage de démocratie plus tangible.
Ce n’est pas seulement une question de changement structurel mais également de renforcement de l’indépendance des autorités et d’une lutte plus efficace contre la corruption, une réforme qui place le Togo sur la trajectoire des démocraties modernes et stables.
L’introduction d’un Président de la République élu au suffrage universel indirect et d’un Parlement bicaméral s’inscrit dans cette vision progressiste et répond à un appel à plus de représentativité.
Dans une démarche de modernisation, cette réforme voit également la transformation du Médiateur de la République en Protecteur du citoyen, réaffirmant ainsi l’engagement du pays envers la défense des droits et libertés de ses citoyens. Cette avancée est un pilier essentiel pour l’édification d’un État de droit robuste et pour une justice plus accessible à tous.
La révision constitutionnelle, loin d’être une manœuvre isolée, reflète une série d’initiatives législatives récentes visant à renforcer le cadre démocratique et à promouvoir la transparence. La modernisation des autorités indépendantes telles que la HAAC (Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication) et la HAPLUCIA (Haute Autorité de Prévention et de Lutte contre la Corruption et les Infractions assimilées) illustre cette volonté de réforme en profondeur.
Les critiques, de l’opposition, craignant que la transition vers un régime parlementaire ne soit qu’une façade ne doivent pas occulter les bénéfices substantiels d’une telle mutation. La nouvelle constitution togolaise, tout en préservant les acquis de la démocratie, offre une base solide pour un avenir plus prometteur. Elle promet un renforcement du dialogue, de la participation citoyenne et une répartition plus équilibrée du pouvoir.
Certains s’interrogent sur la légitimité des députés sortants à voter une loi aussi fondamentale que la révision constitutionnelle. Pourtant, selon l’article 52 de la Constitution actuelle, les députés restent en fonction jusqu’à la prise de fonction effective de leurs successeurs. Ce qui leur permet d’exercer pleinement leurs prérogatives. Ce mécanisme assure la continuité législative et confirme la légitimité du processus.
La réforme propose également des mesures visant à renforcer la paix et la cohésion sociale. En favorisant l’équilibre et la collaboration entre les pouvoirs exécutif et législatif, en limitant les sources de conflits et en concentrant les énergies sur le développement et la création d’emploi, cette réforme constitutionnelle se positionne comme un vecteur de développement économique et social.
Le Togo, à l’aube de cette transition constitutionnelle, se dresse ainsi comme un exemple de l’adaptation d’un État aux défis contemporains.
L’engagement envers une gouvernance transparente, une représentativité accrue et une démocratie renouvelée, est un signal fort envoyé à la communauté internationale. C’est l’illustration d’un pays déterminé à forger son avenir avec audace et prudence, dans le respect de ses valeurs démocratiques.
En fin de compte, la réforme constitutionnelle n’est pas seulement une métamorphose politique, c’est un engagement pour un Togo rénové, prêt à naviguer sur les eaux tumultueuses de la globalisation avec un cap clair vers la stabilité, l’unité et la démocratie. C’est dans cette optique que le peuple togolais est invité à embrasser cette mélodie du changement, à participer à construction de son avenir, pour que résonne à travers l’histoire une République résolument tournée vers l’horizon de la modernité et du progrès.
Par Joseph Gbandja









