Lomé, le 21 octobre 2025-(©AfreePress)- L’Université de Lomé a ouvert, lundi 20 octobre 2025 ses portes à 400 coiffeuses dans le cadre de la 5e édition du programme Heal By Hair, une initiative de la Bluemind Foundation, visant à faire des salons de coiffure des espaces de prévention, d’écoute et d’orientation en santé mentale.
Porté par la Bluemind Foundation, en partenariat avec le ministère togolais de la Santé, l’Université de Lomé et le Fonds d’Innovation pour le Développement (FID), ce programme forme gratuitement des coiffeuses africaines à détecter les signes de détresse psychologique chez leurs clientes, à offrir une écoute bienveillante et à les orienter vers les structures de soins adéquates.
« Heal By Hair est le premier mouvement de coiffeuses ambassadrices de la santé mentale en Afrique. Depuis 2022, plus de 400 coiffeuses ont été formées au Cameroun, en Côte d’Ivoire et au Togo, touchant près de 100 000 femmes », a laissé entendre Marie-Alix de Putter, présidente de la Bluemind Foundation, à l’occasion de la cérémonie d’ouverture.

La cinquième édition de cette manifestation marque un tournant majeur avec l’objectif de former dix fois plus de participantes que lors des éditions précédentes. La session de formation, d’une durée de trois jours, est suivie d’un accompagnement de six mois encadré par des psychologues et psychiatres africains, parmi lesquels Dr Sonia Kanekatoua et Dr Barma Kutolbena de l’Université de Lomé.
Pour Mme Kafui Kpegba, représentante du président de l’Université de Lomé à la cérémonie, l’accueil de ces coiffeuses représente « un modèle d’université inclusive, engagée dans la lutte contre les inégalités sociales et les stigmates liés à la santé mentale ».
Le programme Heal by Hair, soutenu financièrement par le FID, se base sur une idée simple mais puissante. Celle de tirer parti des salons de coiffure, lieux du quotidien et de confiance pour les femmes, pour agir comme première ligne de soutien psychologique.
Selon les estimations, le programme ne coûte que 656 F CFA par bénéficiaire. Avec une ambition de 500 000 femmes touchées et sensibilisées d’ici 2027 au Togo, dont 230 000 dans les régions du nord dès 2026, Heal by Hair s’inscrit dans une logique de montée en échelle.
« Investir dans la santé mentale des femmes, c’est investir dans la dignité humaine et dans la résilience des communautés », a fait savoir la représentante du FID au cours de la cérémonie.
Selon l’OMS, près de 10 % des Africains souffrent de troubles mentaux, souvent sans prise en charge. La dépression et l’anxiété entraînent plus de 600 millions de dollars de pertes économiques annuelles pour le Togo, soit l’équivalent de l’éducation d’un million d’enfants, selon les données de la Bluemind Foundation.
Le programme est également accompagné d’un protocole de recherche rigoureux, mené par un consortium de chercheurs internationaux (Université de Lomé, Paris-Saclay, Santa Clara University), afin d’évaluer son impact sur plus de 4 800 femmes dans le Grand Lomé.

Avec un prochain déploiement prévu à Kara en juillet 2026, Heal by Hair ambitionne d’atteindre 1 million de femmes soutenues d’ici fin 2027.
« Ce que nous lançons ici, à Lomé, dépasse nos frontières. C’est une nouvelle page de la souveraineté africaine en santé mentale. Car la santé mentale, c’est aussi la santé. Et le soin, c’est la dignité », a conclu Mme de Putter.
Albertine A.









