Lomé, 17 octobre 2024 – (©AfreePress) – Le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme comptent parmi les plus grandes menaces pesant sur la stabilité économique et sécuritaire, tant au niveau mondial qu’en Afrique. Ces crimes ne se limitent pas à des délits financiers : ils soutiennent des réseaux criminels, facilitent la corruption et compromettent la sécurité des États.
Face à ces dangers croissants, Lomé s’impose comme un acteur clé dans la lutte continentale contre ces phénomènes. Plus de 300 experts en conformité et gestion des risques se sont réunis dans la capitale togolaise pour renforcer leurs compétences et coordonner leurs efforts dans le cadre de la « Grande Rencontre des Compliance et Risk Officers », organisée par l’Afrika Compliance Academy (ACA).
Placée sous le thème : « Conformité et gestion des risques dans le secteur financier en Afrique », cette rencontre vise à créer une synergie régionale en vue de faire face à ces défis globaux.
« Notre monde est confronté à des défis sans précédent. Il est essentiel que nous unissons nos efforts pour éradiquer les crimes qui exacerbent les tensions sociales, économiques et politiques », a confié Nikada Batchoudi, promoteur de l’événement à l’Agence de presse AfreePress. Ce dernier souligne la nécessité d’une coopération accrue pour lutter contre le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme et d’autres formes de criminalité transnationale.
Le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme : mécanismes et répercussions

Le blanchiment d’argent consiste à masquer l’origine illicite de fonds provenant d’activités criminelles (trafic de drogue, corruption, fraude, etc.), avant de les réintroduire dans le système financier légal. Ce processus s’articule en trois étapes : le placement des fonds, leur transformation via des transactions complexes, et leur intégration dans l’économie légitime.
Quant au financement du terrorisme, il s’agit de la collecte et de l’utilisation de fonds, qu’ils soient d’origine légale ou illégale, pour soutenir des actions violentes. Les groupes terroristes recourent à des réseaux financiers sophistiqués, souvent dissimulés sous le couvert des ONG ou des entreprises de façade, ainsi qu’à des systèmes informels de transfert d’argent.
Les conséquences sont majeures : perte de confiance dans les systèmes financiers, renforcement des réseaux criminels et terroristes, et instabilité économique et sociale des États.
Stratégies innovantes et solutions régionales
Lors de la rencontre de Lomé, des stratégies novatrices ont été présentées pour contrer ces menaces, notamment en mettant l’accent sur la technologie. Oussama Ghazi, CEO d’Epitome Advisory, a plaidé pour un changement de paradigme en matière de sécurité financière. Ilyas Berrajaa, expert en conformité, a également souligné l’importance d’adapter les règles internationales aux spécificités régionales : « Les normes du GAFI sont cruciales, mais il faut comprendre les particularités locales pour mieux contrer le blanchiment d’argent », a-t-il précisé.
Le Togo, en première ligne
Le Togo, tout comme d’autres États africains, n’échappe pas à ces fléaux qui minent les efforts de développement. Cependant, le pays a renforcé son arsenal juridique et technique sous l’impulsion du Président Faure Gnassingbé, avec la mise en place d’un plan stratégique 2023-2027. Ce plan repose sur trois piliers : le renforcement du cadre institutionnel, la mobilisation des citoyens, et l’amélioration de la transparence au sein de l’administration publique.
« Les fraudeurs deviennent de plus en plus ingénieux, mais nous disposons de mécanismes robustes pour contrer leurs stratagèmes », a indiqué David Affognon, responsable de l’Audit interne et de la conformité à la BOAD Titrisation.
Engagement régional et coopération internationale
Le Togo s’implique également dans plusieurs initiatives régionales dans lebut d’encourager la coopération internationale dans la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Guy Mipamb Nahm-Tchougli, ministre de la Justice, a souligné quant à lui, l’importance de cadres législatifs robustes destinés à prévenir et détecter les activités financières illicites. Parmi les mesures prises, on peut citer la création de la Haute Autorité de prévention et de lutte contre la corruption (HAPLUCIA) et l’adoption de la loi uniforme de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme au sein de l’UMOA.

Un rendez-vous annuel incontournable
La « Grande Rencontre des Compliance et Risk Officers » ambitionne de devenir un rendez-vous annuel de premier plan pour faire de Lomé un centre de réflexion et d’action sur les enjeux financiers et sécuritaires en Afrique. L’objectif est de renforcer la résilience des systèmes financiers africains et d’intensifier la lutte contre les crimes économiques transnationaux.
Anika A.









