Lomé, le 17 avril 2026 -(©AfreePress)- À l’occasion de la Journée internationale de la maladie de Chagas, célébrée chaque 14 avril, la communauté internationale intensifie ses efforts de sensibilisation autour de cette affection tropicale négligée, encore largement méconnue mais responsable de millions d’infections à travers le monde.
Provoquée par le parasite Trypanosoma cruzi, la Maladie de Chagas se transmet principalement par la piqûre d’insectes hématophages connus sous le nom de punaises triatomines, souvent surnommées « insectes assassins ». Toutefois, d’autres modes de contamination existent, notamment les transfusions sanguines, les transplantations d’organes, la transmission materno-fœtale ou encore l’ingestion d’aliments contaminés.
Instituée par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), cette journée commémorative rappelle la découverte, le 14 avril 1909, du premier cas humain par le médecin brésilien Carlos Chagas. Une avancée majeure qui a permis d’identifier simultanément l’agent pathogène, son vecteur et ses manifestations cliniques, marquant un tournant dans l’histoire de la médecine.
Souvent qualifiée de « maladie silencieuse », la pathologie évolue en deux phases distinctes. La phase aiguë, généralement asymptomatique ou peu marquée cliniquement, peut passer inaperçue. En revanche, la phase chronique, qui peut survenir plusieurs années après l’infection, expose les patients à de graves complications cardiaques et digestives, pouvant conduire au décès.
Selon les estimations de l’OMS, entre 6 et 7 millions de personnes sont actuellement infectées à l’échelle mondiale, avec plusieurs milliers de décès enregistrés chaque année. Longtemps circonscrite à l’Amérique latine, la maladie connaît aujourd’hui une extension géographique notable, favorisée par la mondialisation et les flux migratoires, touchant désormais l’Amérique du Nord, l’Europe et certaines régions d’Afrique.
Face à cette menace sanitaire, le dépistage précoce apparaît comme un levier déterminant. Il permet d’optimiser l’efficacité des traitements disponibles, notamment le benznidazole et le nifurtimox, dont les résultats sont d’autant plus probants qu’ils sont administrés à un stade précoce de l’infection, en particulier chez les nourrissons et les jeunes adultes.
La prévention repose essentiellement sur la lutte contre les insectes vecteurs, l’amélioration des conditions d’habitat, le contrôle rigoureux des dons de sang et une sensibilisation accrue des populations exposées.
À travers cette journée internationale, les acteurs de la santé mondiale entendent renforcer la mobilisation des États, des institutions sanitaires et des communautés afin d’élargir l’accès au diagnostic et aux soins, tout en soutenant la recherche de nouvelles approches thérapeutiques contre cette maladie encore trop souvent négligée.
Par BLEWOUSSI René









