Lomé, le 21 janvier 2025 – (©AfreePress)- Au cœur du Centre Hospitalier Universitaire (CHU) Sylvanus Olympio de Lomé, une unité de récupération nutritionnelle se consacre au traitement des enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère, offrant ainsi une lueur d’espoir à des familles souvent désemparées. Fonctionnant sans relâche, cette structure s’impose comme un pilier essentiel dans la lutte contre ce fléau de santé publique qui est la malnutrition aiguë sévère.
Une prise en charge complète et rigoureuse
Le lundi 20 janvier 2025, une équipe de journalistes a visité cette unité et a observé les efforts déployés par le personnel médical afin de comprendre les processus de prise en charge. Mme Ayoko Ephoevi-Gah, responsable de cette unité, a expliqué les différentes étapes du traitement.
« Les enfants admis sont pris en charge dès leur arrivée, surtout s’ils souffrent de malnutrition aiguë sévère avec complications. Après une période de stabilisation, souvent de deux à trois semaines, nous les accompagnons jusqu’à leur rétablissement complet. Ce suivi inclut des consultations hebdomadaires pour garantir leur récupération durable », a-t-elle confié à l’agence de presse AfreePress.
Le traitement s’adapte à deux formes principales de malnutrition : le marasme, marqué par une maigreur extrême, et le kwashiorkor, qui provoque des œdèmes. À l’aide des tableaux de référence de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), les soignants évaluent précisément les paramètres anthropométriques pour déterminer la gravité de la malnutrition et ajuster les interventions.

Les origines d’un fléau multifactoriel
Les causes de la malnutrition aiguë sévère sont diverses. Une alimentation inadéquate, particulièrement lors de la période de sevrage, joue un rôle clé. Dr Guédénon Koffi Mawusse, chef du service de pédiatrie du CHU Sylvanus Olympio, a insisté sur l’importance de l’allaitement maternel exclusif pendant les six premiers mois, suivi d’une diversification alimentaire bien conduite.
« Les carences nutritionnelles émergent souvent lorsque cette transition n’est pas correctement gérée, exposant les enfants à des risques accrus », a-t-elle laissé entendre.
Les maladies telles que le paludisme et les infections respiratoires aggravent également l’état nutritionnel des enfants, déjà fragilisés par des conditions de vie précaires ou des croyances erronées sur la nutrition.
L’UNICEF, un allié indispensable
Le soutien de l’UNICEF est crucial dans cette bataille. L’organisation fournit des aliments thérapeutiques, comme du lait spécialisé et des pâtes d’arachide enrichies, indispensables pour stabiliser les enfants malnutris. Ces produits sont distribués gratuitement, ce qui réduit considérablement le coût de la prise en charge pour les familles.
« Sans l’appui de l’UNICEF, traiter ces enfants serait financièrement insoutenable », a indiqué Mme Ephoevi-Gah. L’UNICEF contribue également en fournissant des équipements spécifiques et en formant le personnel médical afin de garantir des soins de qualité.
Des défis persistants et des besoins urgents
Malgré ces avancées, les défis restent nombreux. Dr Guédénon a exprimé le besoin d’avoir un centre mieux équipé pour répondre aux exigences croissantes.
« Une infrastructure plus adaptée et une augmentation des ressources humaines nous permettraient d’élargir notre capacité d’accueil et d’améliorer la qualité des soins », a-t-elle ajouté.

Un défi national prioritaire
La malnutrition aiguë sévère reste l’une des principales causes de mortalité infantile au Togo, contribuant à 40 % des décès chez les moins de cinq ans. Les régions des Savanes et de la Kara sont particulièrement touchées, affichant des taux alarmants de mortalité infantile. Malgré les efforts fournis entre 2017 et 2021, les objectifs de développement durable restent hors d’atteinte, soulignant l’urgence d’intensifier les actions de prévention et de prise en charge.
Le combat contre la malnutrition aiguë sévère exige une mobilisation collective et des investissements soutenus pour protéger les générations futures et garantir à chaque enfant un avenir en bonne santé.
Anika A.









