Lomé, le 29 avril 2025 – (©AfreePress)- Dans un monde saturé d’informations et de flux numériques instantanés, comment préserver l’éthique journalistique sans sacrifier la pluralité des voix ? C’est autour de cette interrogation essentielle que s’est tenu, mercredi 30 avril 2025, un webinaire de haut niveau, initié par l’Observatoire togolais des médias (OTM) en partenariat avec l’Institut des sciences de l’information, de la communication et des arts (ISICA).
Une soixantaine de participants, mêlant professionnels aguerris et jeunes étudiants en journalisme, ont répondu à l’appel pour réfléchir ensemble au thème proposé : « Pluralisme médiatique et traitement professionnel de l’information ».
Pendant plus de deux heures d’échanges intenses, les voix se sont entrecroisées, parfois dissonantes mais toujours constructives, pour examiner la trajectoire actuelle du paysage médiatique togolais.
Le professeur Mawusse Adotevi, directeur de l’ISICA, a donné le ton en rappelant que le pluralisme des médias ne saurait exister sans une rigueur professionnelle constante. « Il ne suffit pas d’avoir plusieurs sources d’information. Encore faut-il que ces sources soient fiables, éthiques et respectueuses de la vérité », a-t-il rappelé en ouverture des débats.
L’historien et penseur Batchana Essohanam, figure respectée du monde universitaire, a ensuite captivé l’auditoire par une lecture historique du rôle de la presse. Il a réaffirmé que les médias, depuis toujours, sont des instruments de contestation, de veille citoyenne, et de mise en lumière des abus du pouvoir. « Le journalisme ne s’écrit pas qu’avec de l’encre. Il se forge avec du courage », a-t-il lancé avec force.
Autre voix forte de la rencontre, Dr Anoumou Amekouji, enseignant-chercheur à l’ISICA, a recentré le débat sur la formation. Pour lui, le nerf de la guerre, c’est la qualité des écoles de journalisme. Il a plaidé pour une pédagogie intégrant les impératifs techniques, mais aussi les fondamentaux éthiques, capables de résister aux pressions politiques et à la désinformation galopante.
Au fil des interventions, ce qui aurait pu n’être qu’un simple séminaire académique s’est mué en véritable agora numérique, où les défis de l’exercice journalistique au Togo ont été abordés sans fard. Questions de financement, indépendance éditoriale, influence politique, mais aussi responsabilités sociales ont traversé les discussions.
Fabrice Petchezi, président de l’OTM, a clos les travaux en saluant la richesse des contributions et en lançant un appel à l’approfondissement de ce type de réflexion collective. « À l’heure où la vitesse domine tout, prendre le temps d’interroger le sens, la méthode et l’éthique de notre métier devient un acte de résistance intellectuelle. Il faut faire de cette pause réflexive une habitude », a-t-il affirmé.
Ce webinaire marque ainsi une étape importante dans la construction d’un journalisme togolais plus lucide, plus exigeant, mais surtout plus enraciné dans les valeurs démocratiques.
Albertine A.









