Lomé, le 14 novembre 2025-(©AfreePress)- L’Université de Kara (UK), avec l’appui de l’Observatoire Togolais des Médias (OTM), a tenu, le vendredi 14 novembre 2025, un webinaire placé sous le thème : « Les médias en période de crise : enjeux sociétaux et responsabilités journalistiques ». La rencontre a réuni une quarantaine de participants, avec en bonne place, des étudiants de l’Université de Kara et de l’Université de Lomé et plusieurs professionnels des médias.
Deux experts sont intervenus au cours de cette rencontre. Il s’agit de Dr Amekudji Anoumou, journaliste et enseignant-chercheur à l’Institut des Sciences de l’Information, de la Communication et des Arts (ISICA), par ailleurs Directeur de la communication et du protocole de l’Université de Lomé, et Dr Lemgo Kokouvi Michel, Chef des programmes à Radio Kara. Le président de l’OTM, Fabrice Petchezi, a également apporté des éclairages importants.
Au cœur des échanges, la question du traitement responsable de l’information en contexte de crise. Dr Amekudji a rappelé que le travail de terrain reste indispensable, notamment lorsqu’il s’agit de rencontrer les populations déplacées. Toutefois, il a insisté sur la nécessité absolue de vérifier systématiquement les informations avant toute publication. « Pas d’invention », a-t-il conseillé, soulignant que la fiabilité de l’information prime sur la course au scoop.
Il a également évoqué l’épineuse question du décompte des victimes enregistrées en période de tension. Selon lui, lorsque le contexte est “brûlant”, relayer un chiffre divergent de celui communiqué par les pouvoirs publics peut attiser inutilement les tensions.
« Le journaliste doit éviter d’activer le feu », a-t-il souligné, invitant à privilégier la responsabilité sociale plutôt que la polémique, rappelant que la vérité est parfois difficile à établir, certains acteurs récupérant ou dissimulant des corps, ce qui rend les décomptes incertains.
Abordant la question des enjeux sociétaux, Dr Lemgo a insisté sur la nécessité pour le journaliste de trouver un équilibre entre information d’urgence, information constructive et information de service. Sur le terrain, a-t-il souligné, le journaliste doit pratiquer une forme d’autocensure responsable, non pour cacher la vérité, mais pour éviter d’aggraver la crise. Il a appelé les professionnels à donner davantage la parole aux populations affectées, souvent négligées au profit des autorités administratives.
Pour sa part, le président de l’OTM, Fabrice Petchezi, a rappelé la difficulté technique et éthique qu’il y a à vérifier les données sensibles, notamment les chiffres de morts communiqués ou recensés. Illustrant par une anecdote, il a souligné les risques encourus lorsque des informations non confirmées sont publiées.
En clôturant les travaux, il a exprimé la gratitude de l’OTM envers l’Université de Kara et a encouragé à la poursuite des échanges sur les défis contemporains du journalisme.
Albertine A.









