Lomé, 14 janvier 2025 -(©AfreePress)- Dans un communiqué publié le 13 janvier 2025, le procureur de la République près le tribunal de Notsé est revenu sur les circonstances ayant conduit au décès d’une adolescente de 15 ans, contrainte à un mariage forcé.
Les faits remontent au 29 décembre 2024. Adédji Agnon, âgée de 15 ans, a été livrée à un prétendu époux par son propre père, dans le cadre d’un arrangement visant à rembourser une dette de 60 000 francs CFA contractée depuis trois ans. Selon les déclarations du procureur, l’adolescente a été conduite au domicile de cet homme dans le village de Gbohloè Asramato, localité située dans la préfecture de Haho.
Le 30 décembre 2024, désespérée face à sa situation, la jeune fille aurait ingéré un liquide toxique contenu dans une bouteille utilisée pour la fabrication de savon. Elle a été transportée au Centre hospitalier régional (CHR) de Notsé, où les autorités sanitaires et les services sociaux ont été alertés.
Informé des faits, le commissariat de Notsé va immédiatement procéder à l’interpellation du suspect principal, nommé Tchénawo Louis. Malgré une évacuation rapide de la victime vers le CHU Sylvanus Olympio de Lomé pour une prise en charge médicale, elle est décédée le 8 janvier 2025.
Le communiqué précise qu’une information judiciaire a été ouverte contre Tchénawo Louis et ses complices sous les chefs d’accusation de « mariage forcé » et de « complicité de mariage forcé », conformément aux dispositions du Code pénal togolais. Les recherches se poursuivent pour interpeller d’éventuels co-auteurs et complices impliqués dans cette affaire.
Le procureur a rappelé que les mariages forcés restent un phénomène préoccupant dans certaines régions du Togo, malgré les lois en vigueur, notamment le Code de l’enfant et les textes protégeant les enfants contre les violences à caractère sexuel.
Il a exhorté les citoyens, ainsi que les acteurs sociaux et religieux, à intensifier leurs efforts de sensibilisation et à dénoncer toute pratique portant atteinte aux droits des personnes vulnérables, en particulier les enfants.
Le corps de la jeune Adédji Agnon repose actuellement à la morgue du CHU Sylvanus Olympio en attente de son inhumation.
Olivier ADJA









