Lomé, le 02 avril 2026 -(©AfreePress)- Engagé dans un vaste processus de modernisation de l’administration publique, le gouvernement togolais a entrepris la digitalisation de plusieurs services, dont celui de la délivrance du certificat de nationalité. Toutefois, cette réforme ambitieuse, censée fluidifier les procédures, peine encore à produire tous les effets escomptés sur le terrain.
Pour éclairer l’opinion publique sur les difficultés rencontrées, le Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, ainsi que les premiers responsables du service de la nationalité, ont tenu une rencontre avec la presse le 31 mars dernier. Cette rencontre a permis de dresser un état des lieux de la mise en œuvre de la plateforme numérique dédiée aux demandes de certificats de nationalité et de duplicatas.
Lancée officiellement en décembre 2025, la plateforme de digitalisation vise à simplifier les démarches administratives, réduire les délais de traitement et offrir aux usagers un suivi en temps réel de leurs dossiers. Elle s’inscrit dans une dynamique de modernisation visant à renforcer la transparence et l’efficacité des services publics.
« L’objectif de cette rencontre est de présenter l’état d’avancement de la digitalisation des demandes de certificat de nationalité togolaise et de duplicatas », a indiqué Mme Kpatcha Tchamdja Kobauyah, magistrate et directrice du service du sceau, de la nationalité et de l’identité civile.
Elle a précisé que cette réforme ambitionne notamment de mettre fin aux pratiques d’intermédiation, en permettant aux citoyens d’effectuer eux-mêmes leurs démarches en ligne.
Des difficultés d’appropriation persistantes
Malgré les avancées enregistrées, la digitalisation se heurte encore à des obstacles liés à son appropriation par les usagers. De nombreux citoyens continuent de recourir à des intermédiaires pour soumettre leurs demandes, une pratique qui compromet souvent la qualité des informations fournies.
« Un nombre non négligeable d’usagers rencontre encore des difficultés liées à la maîtrise des outils numériques ou à la compréhension des différentes étapes de la procédure », a souligné la directrice.
Ces insuffisances entraînent des erreurs dans les dossiers, conduisant à des retards dans leur traitement, voire à leur rejet. En outre, les requérants qui passent par des tiers ne reçoivent pas toujours les notifications relatives à l’évolution de leurs demandes, ce qui accentue les incompréhensions.

Des chiffres révélateurs
Selon les données présentées par Ben Bocco, responsable informatique au ministère de la Justice, 165 657 demandes ont été enregistrées à ce jour. Parmi elles, 127 791 ont été traitées conformément aux délais réglementaires de 60 jours ou plus.
En revanche, 20 555 dossiers restent en attente de traitement, dont 17 311 nécessitent des corrections, en raison d’informations incomplètes ou erronées.
Sensibilisation et amélioration continue
Face à ces défis, les autorités entendent intensifier les actions de sensibilisation afin d’encourager les citoyens à s’approprier pleinement l’outil numérique. Des mises à jour de la plateforme sont également envisagées pour améliorer son accessibilité et son efficacité.
La conférence a ainsi permis de rappeler que la réussite de cette réforme dépend largement de l’implication des usagers, appelés à adopter les nouvelles procédures pour bénéficier d’un service plus rapide, transparent et fiable.
En dépit des difficultés observées, la digitalisation des certificats de nationalité apparaît comme une avancée significative dans la modernisation de l’administration togolaise, appelée à se consolider à mesure que les citoyens s’approprient les outils numériques mis à leur disposition.
BLEWOUSSI René









