Lomé, le 13 octobre 2025 –(©AfreePress)–Le football togolais vit une crise de confiance profonde. Après des années de résultats médiocres et de nombreux échecs dans les compétitions majeures, la frustration gagne désormais les coulisses du football national. Et tandis que les pages officielles et les groupes de supporters montent au créneau, une question lancinante se pose : qui sera le prochain à exprimer publiquement son mécontentement — joueurs, cadres, supporters… ?
Depuis plusieurs campagnes de qualification, l’équipe nationale du Togo, les Éperviers, enchaîne défaillances et déconvenues. Éliminés prématurément en phase de groupe à la CAN, incapables de franchir les barrages pour les coupes continentales, et peu convaincants dans les éliminatoires de la Coupe du monde.
La dernière rencontre en date, une défaite 1-0 face à la RDC, a ravivé la grogne.
Contre le Sénégal, la défaite 2-0, quelques semaines avant, n’a laissé que peu d’illusions. Le Togo a été dominé sans pouvoir inverser le cours du match. La situation est illustrée par les statistiques ; sur ses six dernières rencontres, l’équipe a enregistré une seule victoire, deux nuls et trois défaites.
Sur les réseaux sociaux, les administrateurs des pages dédiées aux Éperviers se lèvent aujourd’hui en porte-voix de la colère silencieuse des supporters. Dans des messages publics, ils dénoncent l’improvisation chronique, l’absence de vision stratégique, l’incompatibilité entre les moyens engagés et les résultats obtenus, le manque de transparence dans la gestion de l’équipe.
« Qui sera le prochain à parler ? Les joueurs eux-mêmes ? Les supporters dans les gradins ? » Interrogent-ils, visiblement lassés de l’immobilisme.
Cette tension grandissante témoigne de l’écart entre les attentes du public et la réalité sportive. Malgré les millions injectés dans les « Éperviers », les résultats se font toujours attendre.
Face aux rumeurs mystiques qui attribuent les échecs à une malédiction ou à un « maraboutage » du groupe pour des dettes non payées, les observateurs sérieux mettent en avant des causes beaucoup plus tangibles.
Ces causes selon eux, sont une préparation insuffisante et incohérente, une qualité technique des joueurs parfois en dessous du niveau requis, un encadrement technique faible, avec des choix tactiques hasardeux et un management opaque, une organisation administrative inefficace, sans redevabilité ni remise en question réelle.
Le Togo, pourtant doté d’un passé footballistique respectable, se retrouve devancé par des nations autrefois perçues comme de « petites » de football. Ces pays tirent désormais mieux leur épingle du jeu que le Togo, se qualifiant plus régulièrement et montrant un développement systémique plus rigoureux.

« Nous, les administrateurs, publierons un édito après la dernière journée des éliminatoires », préviennent déjà quelques pages influentes. Le message est que l’immobilisme n’est plus acceptable.
Il faut être aveugle — ou irréfléchi — pour ne pas admettre que le football togolais est quasiment en état végétatif, pour rester poli.
Aux dirigeants du sport, aux pouvoirs publics, aux acteurs du football national, aux supporters, il est temps de reconnaître que l’amour du ballon rond ne suffit plus. Il faut de l’exigence, de la cohérence, de la transparence et un plan de redressement sérieux.
À demain, pour peut-être, le sursaut…
Olivier A.









