Lomé, le 22 mai 2025 – (©AfreePress) -À peine entériné, le régime parlementaire togolais fait déjà l’objet d’analyses universitaires approfondies.
Le 19 mai dernier, à Abidjan, le jeune universitaire togolais, Frédérick Yao Mawupenkor TSATSU a soutenu avec brio un mémoire consacré aux implications de cette transition politique majeure. Présenté à l’Université Senghor, ce travail se veut une contribution à la consolidation d’une démocratie plus substantielle au Togo.
Intitulé : « Opportunités et défis du nouveau régime parlementaire pour la consolidation de la démocratie substantive au Togo », ce mémoire a été soutenu dans le cadre du Diplôme d’Université en “Démocratie, État de droit et Engagement citoyen dans l’espace francophone”. Il intervient dans un contexte marqué par la mise en œuvre récente de la Ve République, fruit de la réforme constitutionnelle adoptée en avril 2024.
Un tournant historique scruté à la loupe
L’auteur, membre actif de la société civile togolaise, dresse un diagnostic sans complaisance de la gouvernance togolaise depuis 1960. Malgré l’instauration du multipartisme en 1992, le système présidentialiste fortement centralisé aurait, selon lui, entravé l’émergence d’une démocratie véritablement inclusive.
Frédérick TSATSU voit dans la nouvelle configuration parlementaire une occasion inédite de redéfinir les équilibres institutionnels, de renforcer la séparation des pouvoirs, de responsabiliser les partis politiques et de rapprocher les citoyens des décisions publiques. Il avertit cependant : « L’ambition de rapprocher les citoyens des processus de gouvernance se heurte à deux obstacles majeurs : une culture parlementaire encore balbutiante et une méfiance persistante entre les forces politiques. »
Une approche comparative lucide et contextualisée
Pour appuyer son analyse, le mémoire s’inspire des exemples du Royaume-Uni et de l’Île Maurice, deux pays où le parlementarisme s’est adapté aux réalités locales. L’auteur en tire des enseignements pratiques, notamment sur le contrôle parlementaire de l’exécutif, les commissions, les votes de défiance et la participation citoyenne. Il insiste toutefois sur la nécessité d’une adaptation intelligente, tenant compte des spécificités culturelles et institutionnelles du Togo.
L’auditoire, composé d’universitaires, de praticiens du droit et de diplomates, a salué la pertinence d’un travail qui, au-delà de son cadre académique, s’inscrit comme un appel au dépassement des clivages politiques.

Des recommandations fortes pour un parlementarisme effectif
Le mémoire ne se contente pas de poser le diagnostic. Il propose un ensemble cohérent de recommandations concrètes pour réussir la transition. Parmi elles, l’auteur propose le renforcement des capacités des élus et des institutions parlementaires, la réforme du système électoral pour une meilleure représentativité, l’institution de mécanismes de redevabilité, et l’inclusion systématique de la société civile dans les débats publics.
Frédérick TSATSU appelle à « faire du régime parlementaire un levier de transformation réelle » et à construire une culture politique nouvelle, portée par l’engagement sincère de toutes les parties prenantes.
Une voix citoyenne pour nourrir le débat démocratique
En ces temps de mutations institutionnelles, ce mémoire s’impose comme une contribution engagée, à la fois critique et constructive. « L’avenir démocratique du Togo ne repose pas seulement sur les textes, mais sur les pratiques et la culture politique que nous instaurons collectivement », conclut-il avec conviction.
Loin d’être un simple exercice académique, ce travail s’inscrit dans une dynamique de plaidoyer, de veille citoyenne et d’accompagnement actif des réformes. Il rappelle, s’il en était encore besoin, que la démocratie se construit autant dans les amphithéâtres que dans les hémicycles.
Anika A. | AfreePress









