Lomé, le 03 avril 2026-(©AfreePress)- Le gouvernement togolais a officiellement lancé le jeudi 30 avril 2026, à Lomé, le rapport d’évaluation des obstacles au déploiement des femmes au sein des forces de sécurité dans les missions de maintien de la paix. Cette étude, réalisée avec l’appui du Fonds de l’Initiative Elsie, constitue une étape clé vers une meilleure inclusion du personnel féminin dans un secteur stratégique.
Au nom du ministre de la Sécurité, le Secrétaire général Hodabalo Pitemnéwé Kadja Commissaire Divisionnaire de police a souligné que les défis sécuritaires actuels imposent des réponses adaptées et inclusives. Il a rappelé que la participation des femmes est désormais essentielle dans les opérations de paix, caractérisées par une proximité accrue avec les populations civiles et des exigences croissantes en matière de médiation et de protection.
S’appuyant sur la méthodologie MOWIP, le rapport dresse un diagnostic approfondi des facteurs limitant l’engagement des femmes.
Trois principaux obstacles ont été identifiés : les contraintes domestiques, notamment liées à la garde des enfants ; l’inadaptation des infrastructures et équipements aux besoins spécifiques des femmes ; et les pesanteurs socioculturelles, marquées par des stéréotypes persistants au sein des forces de sécurité.
Selon Esso-Essinam Kadjo Expert en Méthodologie d’évaluation MOWIP, ces obstacles ne remettent pas en cause les capacités des femmes, mais traduisent plutôt des insuffisances structurelles.
« Lorsqu’elles bénéficient des mêmes conditions de formation et d’opportunités, elles peuvent pleinement assumer les mêmes responsabilités que leurs homologues masculins », a-t-il indiqué.
Le rapport met également en avant des avancées notables, telles que l’intégration progressive du genre dans les formations et l’augmentation du nombre de femmes déployées dans les missions individuelles des Nations Unies. Toutefois, leur représentation globale reste limitée, avec une proportion encore faible au sein de la police et de la gendarmerie.
Face à ces constats, plusieurs recommandations ont été formulées, dont la création de garderies dans les casernes, l’adaptation des équipements, le renforcement du soutien psychosocial et la mise en œuvre d’actions de sensibilisation pour faire évoluer les mentalités.
Pour les autorités, l’enjeu est désormais de traduire ces orientations en actions concrètes. Le lancement de ce rapport marque ainsi le passage d’une phase d’analyse à une dynamique de réforme, avec pour ambition de bâtir un système de sécurité plus inclusif, performant et en phase avec les standards internationaux.
Albertine A.









