Lomé, le 29 janvier 2025 -(© AfreePress)- Le Togo poursuit activement sa transformation économique à travers son ambitieux “Projet de Transformation Agro-Alimentaire (PTA-Togo)”, avec un accent particulier sur l’agropole pilote de Kara. Inscrit dans la feuille de route gouvernementale 2020-2025, ce projet phare s’impose comme un levier essentiel pour stimuler la croissance agricole, réduire la pauvreté et renforcer l’autosuffisance alimentaire du pays.
Une vision stratégique pour la transformation agricole
Lancé en 2017 dans le cadre du Programme national de développement des agropoles 2017-2030, le PTA-Togo vise à structurer le territoire en dix agropoles intégrés. L’agropole de Kara, premier projet pilote, bénéficie d’une attention particulière en raison de son rôle clé dans le développement des chaînes de valeur agricoles.

Les objectifs du projet sont multiples
Le projet poursuit plusieurs objectifs. Il s’agit entre autres de la promotion des investissements privés grâce à des politiques incitatives et un cadre favorable à la gouvernance, la valorisation des chaînes de valeur prioritaires au niveau national (riz, maïs, soja, volaille) et à l’export (noix de cajou, sésame), du renforcement des capacités des acteurs agricoles grâce à des infrastructures modernes, des formations techniques et un accès facilité aux intrants et équipements.
Des résultats concrets et prometteurs

Depuis son lancement, l’agropole de Kara a enregistré des avancées significatives. Parmi ces avancées on note l’amélioration de la production agricole avec l’aménagement de 32 zones d’aménagement agricoles planifiées (ZAAP), représentant une superficie totale de 12 000 hectares, la mise en œuvre de techniques modernes de production d’intrants agricoles, conduisant à une augmentation des rendements, et le renforcement des infrastructures communautaires, avec la construction de 120 forages mixtes, desservant 42 000 personnes, et l’électrification de cinq villages (Broukou, Agbassa, Léon, Awassan, Bidjandè).
Au régistre des rendements agricoles, on note :
Maïs : de 0,9 T/ha à 2,4 T/ha entre 2022 et 2024.
Riz : de 1,4 T/ha à 2,8 T/ha.
Soja : de 0,8 T/ha à 1,1 T/ha
Développement d’infrastructures clés

Avec l’implémentation du projet PAT, les infrastructures ont connu un essor remarquable. Il y a eu en effet, la construction de sept (7) centres de transformation agricole (CTA), équipés pour collecter, trier et conditionner les productions avant leur acheminement vers les unités de transformation de l’agroparc, l’établissement de sept magasins de stockage de 350 tonnes et d’aires de séchage de 1 000 m² pour soutenir la commercialisation. et surtout, un avancement dans les travaux de l’agroparc de Broukou, avec le raccordement électrique en cours, l’aménagement des infrastructures hydrauliques et la mise en place d’une station d’épuration.
Mobilisation du secteur privé
Selon les enquêtes et observations de terrain, le projet a favorisé l’installation de quatre opérateurs privés majeurs dans l’agro-industrie. Il s’agit de : EVAME SARL, spécialisée dans la production agricole, DABA SA, orientée vers la transformation agro-alimentaire, SITRAPAT et WESTBRIDGE, impliqués dans la production et la transformation.
Ces entreprises, selon le ministère de l’Agriculture, bénéficient de contrats de baux emphytéotiques pour une superficie totale de 3 850 hectares. D’autres investisseurs, tels que E20, SOUTH GROW et ORDF, sont en cours d’installation.

Un forum d’investissement, prévu au premier trimestre 2025, vise à attirer de nouveaux partenaires et à présenter les opportunités offertes par l’agropole, notamment les incitations fiscales et les mesures d’accompagnement mises en place par le gouvernement.
Mobilisation foncière renforcée
Pour soutenir le projet, une vaste campagne de sensibilisation a permis de recueillir des intentions de mise à disposition de 193 000 hectares. Les opérations de cartographie de ces terres sont en cours, en vue de leur affectation aux opérateurs privés.
À court terme, le PTA-Togo se concentrera sur l’opérationnalisation complète des centres de transformation agricole (CTA), l’achèvement des travaux de l’agroparc de Broukou et le démarrage des travaux des barrages de Doufelgou et Tchikawa, essentiels pour l’irrigation des cultures.
À moyen terme, le projet ambitionne la mise en valeur des zones agricoles intégrées (ZAAP) pour les femmes et les jeunes entrepreneurs agricoles, le développement du bloc rizicole de Possao dans la préfecture de Dankpen.

Avec un financement global de 89,2 milliards de FCFA, cofinancé par la Banque africaine de développement (BAD), la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) et d’autres partenaires, le PTA-Togo positionne le pays comme un modèle en matière d’agro-industrialisation.
À travers l’agropole de Kara, le Togo affiche sa volonté de bâtir une agriculture résiliente et compétitive, capable de répondre aux défis de la sécurité alimentaire, tout en offrant des opportunités aux investisseurs et en dynamisant les économies locales.
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