Lomé, le 30 juin 2026-(©AfreePress)- La Bluemind Foundation, en partenariat avec l’Université de Kara et avec le soutien du ministère de la Santé, de l’Hygiène publique, de la Couverture sanitaire universelle et des Assurances, déploie la sixième édition de son programme « Heal by Hair » dans les régions de la Kara, des Savanes et de la Centrale. Au total, 300 coiffeuses seront formées entre le 14 juin et le 18 juillet 2026 afin de devenir des ambassadrices de la santé mentale au sein de leurs communautés.
Sélectionnées parmi 1.144 candidatures, les participantes suivent des sessions de formation à Kara, Sokodé et Dapaong. Elles apprendront à reconnaître les premiers signes de détresse psychologique, à offrir une écoute bienveillante et à orienter les personnes en difficulté vers les structures de prise en charge, sans se substituer aux professionnels de santé.

Cette édition marque une étape importante pour le programme qui, après une première expérience menée à Lomé en 2025 avec 400 coiffeuses, s’étend pour la première fois aux trois régions septentrionales du Togo.
Pour le ministère de la Santé, de l’Hygiène publique, de la Couverture sanitaire universelle et des Assurances, cette initiative s’inscrit pleinement dans la politique nationale de santé. Il a souligné que « la santé mentale est une priorité nationale » et estime que le partenariat avec la Bluemind Foundation démontre que « les solutions les plus durables naissent là où vivent les populations », saluant un modèle qui associe innovation sociale et action publique.

La présidente de l’Université de Kara, la professeure Grâce Prénam Houzou-Mouzou, a, pour sa part, mis en avant le rôle social de l’institution universitaire. Selon elle, accueillir cette formation revient à affirmer que l’université « doit se mettre au service des plus vulnérables » et que la santé mentale des femmes constitue un enjeu académique, social et humain pour les régions du nord du pays.
La formation est assurée par une équipe de spécialistes africains de la santé mentale, notamment le professeur Wenkourama Daméga, chef du service de psychiatrie du CHU de Kara, le Dr Christian Eyoum, chef du service de psychiatrie de l’Hôpital Laquintinie de Douala et vice-président de la Bluemind Foundation, ainsi que le professeur Samuel Traoré, psychiatre à l’Institut national de santé mentale d’Abidjan.
Au-delà des sessions de formation, plusieurs activités de sensibilisation sont prévues à Kara, Sokodé, Dapaong, Pya et Siou, avec des journées citoyennes, des rencontres communautaires et un festival gratuit les 3 et 4 juillet, organisé durant la période des Evala.

Pour les bénéficiaires, cette initiative représente un véritable changement dans leur pratique quotidienne. Coiffeuse ambassadrice Heal by Hair, Siakou Akouvi Elikplim explique que la formation lui permet désormais de « reconnaître les premiers signes de détresse psychologique » et d’orienter les femmes vers les structures adaptées, alors qu’auparavant elle écoutait leurs confidences sans savoir comment les accompagner.
Depuis son lancement à Abidjan en 2022, le programme Heal by Hair a permis de former près de 1.000 coiffeuses en Côte d’Ivoire, au Cameroun et au Togo, touchant plus de 600.000 femmes et leurs familles. Une étude d’impact est actuellement menée dans le Grand Lomé en partenariat avec Innovations for Poverty Action (IPA) et le Fonds d’innovation pour le développement (FID), afin d’évaluer scientifiquement les effets de cette approche communautaire.
La présidente et fondatrice de la Bluemind Foundation, Marie-Alix de Putter, voit dans cette nouvelle édition « le signal d’un Togo qui valorise les solutions innovantes issues de ses propres communautés ». Selon elle, le déploiement du programme au nord du pays contribue à bâtir « un modèle africain de santé mentale communautaire », fondé sur la mobilisation des acteurs locaux et le partenariat entre les institutions publiques, le monde universitaire et la société civile.
Avec cette sixième édition, la Bluemind Foundation ambitionne de former 300 nouvelles ambassadrices de la santé mentale et d’atteindre, d’ici à la fin de l’année 2026, un million de femmes accompagnées au Togo grâce au renforcement des Heal by Hair Circles, des espaces communautaires de parole et de soutien destinés aux femmes en situation de vulnérabilité.
Albertine A.









