Lomé, le 17 mai 2026 -(©AfreePress)- Le Togo amorce un virage stratégique dans la prise en charge des pathologies oculaires avec le lancement officiel du Programme National de Santé Oculaire (PNSO). Cérémonie intervenue lundi 18 mai au Centre hospitalier régional de Lomé-Commune (CHR-LC).
Il s’agit d’une initiative structurante qui ambitionne de rapprocher durablement les soins visuels des populations et de réduire significativement le poids de la cécité évitable à l’échelle nationale.
Porté par les autorités sanitaires avec l’appui de partenaires techniques et financiers, dont la Banque Islamique de Développement (BID), ce programme vise à renforcer le plateau technique, élargir la couverture des soins oculaires et former davantage de professionnels spécialisés. Au cœur de cette stratégie, la prise en charge accrue de pathologies majeures telles que le glaucome et la rétinopathie diabétique, principales causes de déficience visuelle.
La cérémonie de lancement a mobilisé un large éventail d’acteurs du secteur de la santé, des institutions publiques, des partenaires internationaux ainsi que des professionnels des médias, témoignant d’une mobilisation collective autour d’un enjeu de santé publique majeur.
Dans son allocution de bienvenue, le Directeur du CHR-LC, le Médecin-Colonel Macanmazi Atafèi Laroutoki, a salué une initiative « hautement stratégique », y voyant à la fois une marque de confiance des autorités sanitaires et un signal fort en faveur de l’amélioration de l’accès aux soins spécialisés. Il a souligné la convergence du programme avec la politique nationale de couverture sanitaire universelle, tout en mettant en avant la synergie entre les différents partenaires.

Même tonalité du côté de la Banque Islamique de Développement. Son représentant, Larbi Neffati, a rappelé que ce projet est l’aboutissement d’un long processus de collaboration avec le Togo, dans le cadre de l’Alliance pour la lutte contre la cécité évitable (AFAB). Cette coopération a permis d’identifier les priorités stratégiques du secteur et de poser les bases d’un programme structurant à fort impact.
Depuis plusieurs années, la BID accompagne déjà le pays à travers des initiatives ciblées, notamment le programme « EYECA », dédié à la santé visuelle des enfants scolarisés. Celui-ci prévoit le dépistage de centaines de milliers d’élèves, avec à la clé la distribution gratuite de lunettes correctives et la prise en charge médicale, voire chirurgicale, des cas nécessitant une intervention.
Sur le plan opérationnel, le PNSO se fixe des objectifs ambitieux. Présenté par le responsable de projet à la BID, Abdelmalid Naciri, il prévoit notamment une augmentation significative des interventions de chirurgie de la cataracte, avec un taux passant de 999 à 1 485 opérations par million d’habitants d’ici 2027. À terme, ce sont près de 84 000 patients qui devraient bénéficier de soins adaptés.
Procédant au lancement officiel du programme, le représentant du ministre de la Santé, Dr Yawo Sefofo Prempe, a insisté sur la dimension stratégique de la santé visuelle. « Préserver la vue, c’est préserver l’autonomie, la dignité humaine et le potentiel économique de notre pays », a-t-il affirmé, rappelant que la vision constitue un levier essentiel de développement.

D’une portée nationale et inclusive, le programme couvrira les six régions sanitaires du pays sur une période de quatre ans. Il impliquera les centres hospitaliers universitaires, les structures régionales, les centres de formation ainsi que l’ensemble des professionnels du secteur, avec pour ambition de renforcer les capacités diagnostiques, thérapeutiques et pédagogiques.
À travers ce projet, le Togo réaffirme son engagement à faire reculer durablement la cécité évitable et à garantir un accès équitable à des soins oculaires de qualité. Une vision claire pour un avenir où mieux voir rime avec mieux vivre.
BLEWOUSSI René









