Lomé, le 29 août 2026-(©AfreePress)- La connaissance des programmes communautaires demeure un maillon déterminant de leur efficacité. À Dapaong, les acteurs locaux ont été invités à mieux comprendre les interventions de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) au Togo, à l’occasion d’une session de sensibilisation organisée vendredi 28 août 2026 par la Cellule CEDEAO-UEMOA du ministère des Finances et du Budget.
Inscrite au Plan de travail et budget annuel (PTBA) 2026 de la Cellule, la rencontre avait une double ambition. Celle d’informer les participants sur les programmes et projets de la CEDEAO actuellement déployés au Togo et celle consistant à recueillir, en retour, les difficultés rencontrées sur le terrain par les bénéficiaires et acteurs impliqués.
L’enjeu dépasse la simple transmission d’informations. Il s’agit de faire en sorte que les politiques communautaires ne restent pas confinées dans les cercles institutionnels, mais deviennent des instruments effectivement connus, compris et exploités par les populations auxquelles elles sont destinées.

Une intégration régionale aux ramifications multiples
Au Togo, les interventions de la CEDEAO embrassent des secteurs aussi divers que l’agriculture, la sécurité alimentaire, le commerce, les infrastructures, l’énergie, l’emploi, la formation professionnelle, l’environnement, la libre circulation des personnes et des biens ou encore le développement du secteur privé.
Certaines initiatives traduisent concrètement cette vocation. Le Programme régional d’intégration des marchés agricoles (PRIMA), par exemple, vise à renforcer le commerce agricole entre le Togo et le Bénin, à améliorer les pôles commerciaux et les corridors transfrontaliers et à stimuler l’entrepreneuriat rural, particulièrement chez les jeunes et les femmes.
Le programme entend notamment mieux connecter les bassins de production aux marchés sous-régionaux, améliorer les infrastructures de commercialisation et renforcer les capacités des producteurs, commerçants, transporteurs et autres acteurs des chaînes de valeur.
Cette dimension transfrontalière revêt une importance particulière pour les régions septentrionales, où les échanges commerciaux, la mobilité des populations et les dynamiques agricoles s’inscrivent naturellement dans un espace régional qui dépasse les frontières nationales.
Transformer l’information en appropriation
Pour la représentante du secrétaire permanent de la Cellule CEDEAO-UEMOA, la rencontre de Dapaong constitue précisément un cadre de partage d’informations, d’expériences et de compréhension des interventions communautaires.
Elle a souligné que les programmes de la CEDEAO touchent à des domaines au cœur des préoccupations nationales et régionales : agriculture et sécurité alimentaire, infrastructures, énergie, industrie, commerce, transport, libre circulation, emploi, éducation, formation professionnelle, environnement, résilience des populations, développement du secteur privé et chaînes de valeur régionales.
À travers cet éventail d’interventions, l’ambition de l’organisation communautaire est de contribuer à l’émergence d’un espace ouest-africain davantage intégré, capable de transformer la coopération entre États en opportunités économiques et sociales pour les populations.
Le défi reste cependant celui de l’appropriation. Une politique communautaire, aussi ambitieuse soit-elle, ne peut produire tout son impact si ses mécanismes, ses opportunités et ses bénéficiaires potentiels demeurent insuffisamment informés.

Les Savanes appelées à jouer leur partition
Au nom du gouverneur de la région des Savanes, le préfet de Tône, Ouro-Gouroungou Horoumila, a salué l’initiative de la Cellule CEDEAO-UEMOA, estimant qu’elle contribue à rapprocher les populations des institutions communautaires et à rendre plus visibles les actions entreprises en faveur du développement et du bien-être des populations.
Pour l’autorité préfectorale, la CEDEAO demeure un cadre majeur de coopération et d’intégration en Afrique de l’Ouest. Depuis sa création, l’organisation poursuit notamment des objectifs liés à la coopération économique, à la libre circulation, à la paix, à la sécurité et au développement.
Mais, a-t-il relevé en substance, les réalisations d’une organisation communautaire ne peuvent pleinement porter leurs fruits si elles sont mal connues à la base.
La vulgarisation des programmes, projets, mécanismes et réalisations de la CEDEAO apparaît dès lors comme une nécessité stratégique. Elle doit permettre aux citoyens de mieux identifier les opportunités qui leur sont accessibles, mais également aux collectivités, organisations professionnelles, acteurs privés et organisations de la société civile de mieux articuler leurs initiatives avec les dispositifs communautaires.
Vers davantage de synergies locales
Ouro-Gouroungou Horoumila a, par ailleurs, appelé les participants à renforcer la collaboration et à multiplier les synergies autour des actions de développement.
La complémentarité entre l’État, les collectivités territoriales, les organisations communautaires, le secteur privé, la société civile et les partenaires au développement constitue, selon lui, un levier essentiel pour inscrire les résultats dans la durée.
Cette approche trouve un écho particulier dans les programmes régionaux qui associent plusieurs catégories d’acteurs. Dans le cadre du PRIMA, par exemple, la CEDEAO met l’accent sur l’intégration des marchés, l’entrepreneuriat rural, l’adaptation de l’agriculture familiale au changement climatique et le dialogue politique.

La dynamique est également perceptible dans le domaine du commerce transfrontalier. En juin 2026, la CEDEAO a organisé à Lomé une Quinzaine régionale consacrée au commerce transfrontalier à petite échelle exercé par les femmes, avec notamment des actions de sensibilisation sur les instruments communautaires et les opportunités liées au commerce régional.
À Dapaong, la session de sensibilisation s’inscrit donc dans une logique plus large : faire descendre l’intégration régionale du niveau institutionnel vers les territoires et rapprocher les populations des mécanismes censés soutenir leur développement.
L’objectif, à terme, est clair : que les programmes communautaires ne soient plus seulement des sigles ou des dispositifs connus des administrations, mais des outils identifiables et accessibles aux producteurs, entrepreneurs, femmes, jeunes, collectivités et autres forces vives des territoires.
Diblo TAKINI
Correspondant AfreePress – Région des Savanes










