Lomé, 11 mars 2026 -(©AfreePress)- L’Assemblée nationale togolaise a franchi une étape majeure dans la régulation du secteur financier. Les députés ont adopté à l’unanimité, mardi 10 mars 2026, le projet de loi portant réglementation de la microfinance, lors d’une séance plénière tenue au Palais des Congrès de Lomé.
Les travaux étaient dirigés par le président de l’Assemblée nationale, Komi Selom Klassou, en présence du ministre de l’Économie et des Finances, Essowè Georges Barcola.
La microfinance joue un rôle crucial dans l’inclusion financière, notamment pour les populations à faibles revenus, les femmes entrepreneures et les jeunes porteurs d’initiatives économiques. Toutefois, la croissance rapide du secteur soulève également des enjeux liés à la gouvernance des institutions, à leur supervision et à la protection des épargnants.

La nouvelle loi vise ainsi à moderniser le cadre juridique, renforcer les mécanismes de contrôle et consolider la confiance des usagers dans les institutions de microfinance.
Le texte s’inscrit dans une logique d’harmonisation avec les normes de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA) et les standards internationaux en matière de régulation financière.
Le projet de loi introduit plusieurs innovations majeures, notamment le renforcement des règles de gouvernance des institutions de microfinance, l’amélioration de leur solidité financière, une supervision plus rigoureuse assurée par le ministère des Finances, la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et la Commission bancaire de l’UMOA, une meilleure protection des clients grâce à la transparence tarifaire, un meilleur encadrement des comptes dormants, la mise en place de mécanismes de traitement des réclamations, des dispositifs d’intervention précoce pour prévenir les difficultés financières des institutions.
Structuré en 174 articles répartis en 10 titres, le texte définit les opérations autorisées et interdites, encadre les procédures d’agrément et renforce les exigences prudentielles et comptables. Il introduit également la possibilité pour les institutions de proposer des produits de finance islamique.
Au cours des débats parlementaires, le président du groupe majoritaire UNIR, Aklesso Atcholi, a rappelé que « la microfinance est un instrument clé d’inclusion économique et de transformation sociale ».

Cette réforme s’inscrit dans la vision du Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, qui ambitionne de faire de l’inclusion financière un levier essentiel du développement économique et social.
Le ministre des Finances, Essowè Georges Barcola, a pour sa part rappelé que cette nouvelle législation va permettre à des millions de Togolais, en particulier les femmes et les jeunes, d’accéder plus facilement aux services financiers nécessaires à la création d’activités génératrices de revenus.
Pour le président de l’Assemblée nationale, Komi Selom Klassou, cette réforme marque « une étape importante dans la vie des citoyens », les institutions de microfinance constituant souvent « la première porte d’entrée dans le système financier » pour de nombreux Togolais.
Albertine A.









