Lomé, le 30 juillet 2025 – (©AfreePress)- Le ministre des Affaires étrangères du Togo, Robert Dussey, a confirmé au journal Reuters que des groupes affiliés à Al-Qaïda, en particulier Jama’a Nusrat ul-Islam wa al‑Muslimin (JNIM), sont responsables d’une série d’attaques ayant fait jusqu’à présent 54 civils et 8 soldats tués dans le nord du pays en 2025.
Selon M. Dussey, 15 attaques ont été recensées dans cette région, marquant une escalade inquiétante de la violence jihadiste à la frontière avec le Burkina Faso. Cette déclaration constitue une rare reconnaissance officielle du bilan humain grandissant engendré par ces assauts.
Le ministre a souligné la présence d’environ 8 000 soldats togolais déployés dans le nord, ainsi que la coopération étroite entre le Togo et le Burkina Faso dans la lutte contre la menace jihadiste. Il a également rappelé le rôle diplomatique du Togo, servant de trait d’union entre la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et la Confédération des États sahéliens.
Le phénomène s’inscrit dans une dynamique régionale d’insécurité depuis 2012, lorsque des groupes extrémistes alliés à Al‑Qaïda et à l’État islamique ont capitalisé sur les rébellions touarègues au Mali, pour étendre leur action vers le Burkina Faso, le Niger, puis désormais jusqu’au nord du Togo.
Cet aveu du ministre expose l’évolution rapide et préoccupante des capacités d’action de JNIM dans une zone jusqu’alors relativement épargnée.
La période mai-juin 2025 a été décrite comme l’une des plus meurtrières de l’histoire récente du Sahel, signalant une défaillance croissante des contrôles sécuritaires dans la région.
L’aveu officiel de ces attaques et des pertes civiles associées marque un tournant dans la reconnaissance de l’état d’alerte sécuritaire au Togo. Le gouvernement togolais se trouve désormais devant un défi majeur. Comment renforcer la protection des civils tout en consolidant une coordination régionale face à l’expansion des groupes jihadistes.
Olivier A.









