Dans une tribune remarquée publiée par The National Interest, le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, exhorte les États-Unis à revoir leur approche sécuritaire en Afrique de l’Ouest. Estimant que l’expansion des groupes jihadistes menace désormais directement les intérêts américains, il plaide pour un partenariat stratégique renforcé avec les États côtiers du Golfe de Guinée, en particulier le Togo.
Par Olivier Adja
Lomé, le 24 juillet 2026 (©AfreePress) – La progression des organisations jihadistes en Afrique de l’Ouest ne relève plus d’une simple crise régionale. Elle constitue désormais un défi majeur pour la sécurité internationale, notamment pour les États-Unis. C’est le message central porté par le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, dans une tribune publiée par le prestigieux magazine américain The National Interest.
Loin d’un plaidoyer classique, le chef de la diplomatie togolaise soutient que le Sahel est devenu l’un des principaux épicentres mondiaux du terrorisme. Selon lui, laisser les groupes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique étendre leur influence reviendrait à créer un foyer d’instabilité dont les répercussions dépasseraient largement les frontières africaines.
Robert Dussey estime que les intérêts sécuritaires américains sont désormais directement concernés. Les réseaux terroristes exploitent les espaces fragilisés par les crises politiques, les trafics transfrontaliers et les faiblesses institutionnelles pour renforcer leurs capacités d’action, menaçant non seulement les États sahéliens, mais aussi les partenaires occidentaux.
Le ministre met particulièrement l’accent sur le rôle des pays côtiers d’Afrique de l’Ouest, dont le Togo, le Bénin, la Côte d’Ivoire et le Ghana, devenus la nouvelle ligne de défense face à l’expansion des groupes armés. Il appelle Washington à privilégier une coopération pragmatique fondée sur le partage du renseignement, le renforcement des capacités militaires, la formation des forces de sécurité et le soutien aux stratégies nationales de prévention.
Dans son analyse, Robert Dussey souligne que le Togo a déjà adopté une stratégie sahélienne ambitieuse afin d’anticiper les risques d’infiltration terroriste. Cette approche combine réponses sécuritaires, développement des zones frontalières et coopération régionale, avec l’objectif d’empêcher l’enracinement durable des groupes extrémistes dans les pays du Golfe de Guinée.
Cette prise de position intervient dans un contexte marqué par une dégradation continue de la situation sécuritaire au Sahel. Plusieurs analyses publiées ces derniers mois par The National Interest mettent en garde contre la montée en puissance du JNIM, affilié à Al-Qaïda, notamment au Mali, ainsi que contre le risque de propagation de la menace vers les États côtiers.
Au-delà du constat, la tribune du ministre togolais se veut une invitation à repenser les partenariats internationaux en matière de lutte contre le terrorisme. Pour Robert Dussey, une implication plus soutenue des États-Unis, fondée sur des partenariats ciblés plutôt que sur des déploiements massifs, contribuerait à contenir l’expansion des groupes jihadistes et à préserver la stabilité d’une région devenue stratégique pour la sécurité mondiale.
Le choix de The National Interest, une revue influente dans les milieux américains de la politique étrangère et de la défense, traduit la volonté de porter le débat directement auprès des décideurs de Washington.
Le Togo cherche à se positionner comme un partenaire crédible des puissances occidentales dans la lutte contre le terrorisme au moment où les équilibres géopolitiques évoluent au Sahel.
La tribune s’inscrit dans un débat plus large sur le retour de l’engagement américain en Afrique de l’Ouest après le recul de sa présence militaire dans plusieurs pays sahéliens.
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