Lomé, 11 mars 2026 -(©AfreePress)- Dans un élan de solidarité en faveur des enfants vivant avec des troubles du spectre de l’autisme, l’association Autisme Togo Merveilles et Mystères (ATMM) a organisé, samedi 7 mars à Lomé, un concert caritatif destiné à mobiliser des ressources pour l’accompagnement des personnes autistes au Togo.
L’événement, tenu au siège de la Fédération Togolaise des Associations de Personnes Handicapées (FETAPH), a rassemblé autorités administratives, partenaires institutionnels, artistes et citoyens engagés autour d’un objectif commun. Celui de soutenir le centre d’accueil et d’éducation « La Petite Maison », structure dédiée à la prise en charge des enfants autistes.
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Créée en 2021 par des parents d’enfants autistes et des professionnels de la santé, l’ATMM est née d’un constat préoccupant selon lequel le Togo ne dispose pratiquement d’aucune structure spécialisée publique ou privée pour la prise en charge des personnes atteintes de Trouble du Spectre de l’Autisme (TSA).
À l’échelle mondiale, les estimations indiquent qu’environ un enfant sur cent est concerné par ce trouble neurodéveloppemental qui affecte la communication, les interactions sociales et certains comportements.
Au Togo, la prévalence exacte demeure encore inconnue en raison du manque de données statistiques fiables et d’outils de diagnostic adaptés.
Face à cette réalité, l’association a inauguré l’an dernier « La Petite Maison », un centre d’accueil et d’éducation qui accompagne actuellement plus de 30 enfants et adolescents âgés de 3 à 21 ans. Cette structure demeure aujourd’hui la seule institution spécifiquement dédiée aux personnes autistes dans le pays.
Malgré les avancées enregistrées, les besoins du centre restent considérables. L’établissement nécessite notamment du mobilier, des équipements pédagogiques, du matériel informatique, ainsi que le renforcement de son personnel spécialisé.
Orthophonistes, ergothérapeutes et éducateurs spécialisés figurent parmi les compétences indispensables pour garantir un accompagnement adapté aux enfants suivis.
« Nous sollicitons tout soutien, quelle qu’en soit la nature – matériel, financier, technique ou moral – afin d’améliorer durablement la prise en charge de nos enfants », a déclaré Mme Tchagbataou Assibi, présidente de l’ATMM, lors de son allocution d’ouverture.
Au-delà de la levée de fonds, cette initiative culturelle s’inscrit dans la mission de sensibilisation que s’est fixée l’association depuis sa création.
Dans certaines communautés, l’autisme reste, en effet, entouré de nombreuses idées reçues, parfois assimilé à une malédiction ou à une sanction mystique.
« Ce n’est pas une malédiction. C’est un trouble qu’il faut comprendre, accepter et accompagner », a insisté la présidente de l’association, appelant à un changement de regard au sein de la société.
Présent à la rencontre, Karimu Wasiyou, directeur des personnes handicapées et représentant le ministère chargé de l’Action sociale, a salué l’engagement de l’ATMM.
Il a rappelé que l’inclusion des personnes vulnérables constitue l’une des priorités de la Feuille de route gouvernementale 2020-2025, en cohérence avec les objectifs de l’Agenda 2030 pour le développement durable.
De son côté, M. N’Kekpo Dodzi, directeur des programmes de la FETAPH, a fait savoir que la question de l’autisme dépasse aujourd’hui le cadre familial.
Selon lui, le Trouble du Spectre de l’Autisme constitue désormais « un véritable enjeu sociétal », appelant à une mobilisation collective des pouvoirs publics, des organisations de la société civile et des partenaires techniques.
Cette initiative solidaire intervient également en prélude à la Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme, célébrée chaque 2 avril.
Pour l’édition 2026, l’ATMM prévoit de lancer une vaste campagne nationale d’information, comprenant des émissions radiophoniques et télévisées destinées à sensibiliser le grand public.
La réalisation de ces activités dépend toutefois de la mobilisation de financements supplémentaires, que l’association espère obtenir grâce à la solidarité des partenaires et des citoyens.
Albertine A.









