Lomé, le 20 janvier 2026-(©AfreePress)- Deux jours après une première rencontre consacrée au grand rattrapage vaccinal, les journalistes togolais ont poursuivi, jeudi 19 février 2026 à Lomé, leurs échanges avec le Gouvernement et l’UNICEF dans le cadre du café de presse dédié au développement du capital humain.
Placée sous le thème : « Petite enfance : l’investissement qui change tout », cette session a mis en lumière le caractère stratégique des investissements en faveur des enfants de 0 à 5 ans.

La rencontre a été animée notamment par Xavier Sire, Représentant adjoint de l’UNICEF au Togo, Arsène Bagre, Chef de la Section Protection de l’Enfant, Essi Fafa Soule Durchbach, Chargée de Communication et Plaidoyer, ainsi que par Fabrice Akouetey, point focal Communication à la Direction générale de la mobilisation de l’aide et du partenariat.
Dans un contexte de ressources financières contraintes, Xavier Sire a insisté sur la nécessité de prioriser des politiques transversales à fort impact. Selon lui, la petite enfance -qui s’étend de la période prénatale jusqu’à l’âge de cinq ans- constitue l’un des leviers les plus puissants de transformation sociale et économique.

S’appuyant sur les travaux de l’économiste James Heckman, il a rappelé qu’« un dollar investi dans la petite enfance peut générer jusqu’à 17 dollars de retour sur investissement ». Les 1 000 à 2 000 premiers jours de vie sont déterminants pour le développement cérébral, la santé, les capacités d’apprentissage et, à terme, la productivité future.
La petite enfance englobe ainsi la santé maternelle et néonatale, la nutrition, l’immunisation, l’enregistrement des naissances, la stimulation précoce et l’éducation préscolaire. « Tout commence dès la grossesse », a souligné M. Xavier Sire, mettant en avant l’importance du suivi prénatal, de l’allaitement maternel et de l’accompagnement des parents.

Au Togo, plusieurs ministères – Santé, Éducation, Action sociale et Planification – interviennent déjà dans ce domaine. L’enjeu majeur demeure cependant la cohérence et l’harmonisation des interventions afin d’optimiser l’impact des dépenses publiques.
Des initiatives pilotes traduisent cette dynamique intégrée. Dans certaines régions, un système d’interconnexion entre les services de santé et l’état civil permet l’enregistrement des naissances directement dans les centres de santé, réduisant ainsi le nombre d’enfants non déclarés.

Par ailleurs, sept crèches communautaires intégrées sont en cours d’implantation dans des marchés de la région Maritime, ont annoncé l’UNICEF et l’Etat togolais. Ces structures offriront aux enfants des services combinés de nutrition, de stimulation précoce et de suivi sanitaire, tout en permettant aux mères commerçantes de travailler en toute sérénité. Une expérience pilote menée au marché de Hedzranawoe a déjà démontré des résultats probants.
Les intervenants ont fait savoir que le développement intégré de la petite enfance relève d’une responsabilité partagée. Si l’État définit les politiques publiques et les partenaires techniques et financiers apportent leur appui, l’implication des communautés, du secteur privé et des médias demeure essentielle.

Les journalistes ont été appelés à jouer un rôle clé dans la sensibilisation des populations et la promotion des droits de l’enfant.
Dans un pays où près de la moitié de la population est jeune, investir dans la petite enfance apparaît comme un choix structurant pour bâtir une économie compétitive, une société plus équitable et un développement durable.
Olivier A.









