Lomé, le 09 janvier 2026-(©AfreePress)- Le 23ᵉ Congrès international et Exposition de l’Association africaine de l’eau et de l’assainissement (AAEA-AfWASA) a été officiellement lancé, lundi 09 février 2025, à Yaoundé, au Cameroun, dans une atmosphère empreinte de solennité, d’émotion et de mobilisation collective.
Cette rencontre continentale rassemble des acteurs stratégiques du secteur de l’eau et de l’assainissement venus de plus de 25 pays africains, incluant des représentants gouvernementaux, des institutions financières, des experts techniques, des partenaires au développement et des médias internationaux.

Placée sous le thème : « Eau et assainissement pour tous : des actions fortes pour l’Afrique », cette édition met en exergue l’urgence et la complexité des défis auxquels le continent est confronté. Selon l’Association africaine de l’eau et de l’assainissement (AAEA), près de 400 millions d’Africains n’ont toujours pas accès à une eau potable de qualité, et environ 800 millions vivent sans assainissement adéquat.
Malgré des ressources hydriques abondantes, l’Afrique demeure confrontée à des inégalités d’accès, une exploitation insuffisante et une vulnérabilité accrue face au changement climatique et à la pression démographique.

Dans ce contexte, l’AAEA plaide pour une approche stratégique intégrée. Pour son Directeur exécutif, Olivier GOSSO, « l’eau et l’assainissement ne doivent plus être perçus comme des secteurs marginaux, mais comme des patrimoines stratégiques essentiels, piliers du développement durable, de la santé publique et de la stabilité sociale ».
Selon Blaise MOUSSA, directeur général de la CAMWATER et président du comité d’organisation du congrès, le Cameroun a démontré son engagement à garantir l’accès à l’eau potable pour l’ensemble de sa population à travers la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND30). Celle-ci accélère la réalisation d’infrastructures hydrauliques, la professionnalisation des services d’assainissement et la gouvernance multisectorielle et décentralisée de l’eau.

Parmi les projets emblématiques, M. MOUSSA a cité le PAEPYS, une usine de production d’eau potable capable de fournir 533 000 m³ par jour ; le Mégaprojet de Douala, produisant 400 000 m³ par jour pour sécuriser l’approvisionnement de la capitale économique ; le programme de branchement social d’un million de foyers sur cinq ans, rapprochant l’eau potable des populations vulnérables ; ainsi que l’installation de 1 000 bornes-fontaines publiques, dont 200 sont déjà opérationnelles.
Ces initiatives, a-t-il souligné, témoignent de la volonté de l’État camerounais de considérer l’eau et l’assainissement comme des droits humains fondamentaux et d’affirmer que leur accès universel constitue une responsabilité collective envers les générations présentes et futures.

« Nous sommes réunis ici pour réfléchir ensemble autour d’une question à la fois universelle et fondamentale : l’eau, source de vie, et l’assainissement, socle de la dignité humaine. Au-delà, nos travaux porteront également sur les enjeux du développement durable, de la résilience climatique et des réponses adaptées aux défis contemporains auxquels fait face notre continent », a-t-il rappelé, ajoutant : « Notre conviction est profonde et largement partagée. L’Afrique ne peut plus subir son destin ; elle doit désormais le maîtriser et l’anticiper. Sans se refermer sur elle-même, le continent entend poursuivre une coopération ouverte et équilibrée, et nous saisissons cette occasion pour exprimer notre reconnaissance sincère à l’ensemble des partenaires internationaux, venus d’autres continents, pour leur appui constant et déterminant ».

L’objectif du comité d’organisation est clair : faire de Yaoundé 2026 un moment fondateur, un véritable point de bascule pour l’AAEA et, plus largement, pour l’ensemble du secteur de l’eau et de l’assainissement en Afrique.
Le congrès réunit des leaders africains tels que le Président de l’AMCAO, ministre sénégalais de l’Eau, Docteur Tidiane DIAYE, le Vice-ministre malawite Tonkan Soni Tomba, ainsi que des représentants d’institutions financières comme la Banque africaine de développement.

Dans son allocution, le Président de l’AMCAO a affirmé l’engagement de son pays à soutenir l’atteinte de l’Objectif 6 des ODD par les pays africains : « Chers invités, le Sénégal est résolument engagé à accompagner cette dynamique. Nous avons la ferme volonté de renforcer les institutions, promouvoir les investissements durables et accélérer l’accès universel à l’eau et à l’assainissement, afin que l’Afrique devienne un continent résilient et capable de répondre aux aspirations de ses populations ».

L’AAEA, qui fédère plus de 300 membres et intervient dans plus de 25 pays africains, a mobilisé plus de 25 millions de dollars pour renforcer le secteur africain de l’eau et de l’assainissement, avec le soutien de partenaires tels que l’UNICEF, la Fondation Bill & Melinda Gates, la Banque islamique de développement et la coopération allemande. Ces contributions ont permis d’améliorer la performance des opérateurs, d’accroître la qualité des services et de soutenir l’innovation ainsi que le développement des compétences locales.
Lors de la cérémonie d’ouverture, Olivier GOSSO a remis des distinctions à certains acteurs et partenaires pour leur engagement exceptionnel. Cette remise de médailles, organisée par les organes de l’association – comité exécutif, comité de direction et conseil scientifique et technologique – symbolise la reconnaissance collective des contributions de ces acteurs.

Ce 23ᵉ Congrès international va bien au-delà d’une simple rencontre. Il constitue une tribune d’influence, un catalyseur de changement et une opportunité historique pour l’Afrique. L’objectif est de positionner l’eau et l’assainissement comme des secteurs stratégiques pour le développement inclusif, la résilience climatique et la stabilité sociale, tout en consolidant une coopération régionale et internationale durable.
Les participants sont invités à transformer les engagements politiques et institutionnels en actions concrètes et mesurables, afin que chaque goutte d’eau devienne un symbole de progrès, d’équité et d’avenir pour le continent.
Olivier ADJA









