Accusés de violences volontaires, vols aggravés et association de malfaiteurs, deux pères de famille ont comparu, lundi 27 janvier 2025, devant la Cour d’assises de Lomé.
Les faits remontent à novembre 2019, à Avatamé, banlieue située dans la ville d’Aného, dans la préfecture des Lacs. L’un des accusés, un bouvier de profession, avait été licencié par son employeur pour vol de bœuf. Convaincu que c’était le gardien de la ferme qui l’avait dénoncé, il va décider de se venger. Avec la complicité d’un gang de quatre personnes, il organisa une expédition punitive.
Armés de fusils artisanaux et de machettes, ils se rendent à la ferme agropastorale où le bouvier travaillait auparavant. Leur première cible fut un jeune informaticien, présent sur les lieux pour développer une application de géolocalisation. Ils le frappèrent à plusieurs reprises à l’aide de leurs machettes. Mais celui-ci réussit à s’échapper. Ils se dirigèrent ensuite vers la cabane du gardien, dérobèrent sa moto et son téléphone, puis prirent la fuite. Le gardien, alerté par les bruits, avait déjà trouvé refuge dans un coin isolé de la ferme.
Les enquêtes menées par la gendarmerie d’Aného vont aboutir à l’interpellation de deux membres du groupe, dont le bouvier en question, en décembre 2019. Les deux autres complices sont toujours en cavale, malgré un mandat d’arrêt international émis contre eux.
Au cours du procès des deux prévenus, ils ont reconnu les faits. La Cour, après avoir entendu leurs déclarations et les plaidoiries de leur avocat, a prononcé des peines de 15 ans d’emprisonnement pour le principal accusé et de 7 ans pour son complice.
« Les faits sont constitués, et l’acte qu’ils ont commis est d’une gravité incontestable. Nous avons toutefois plaidé des circonstances atténuantes, en évoquant leurs charges familiales et leur capacité à se réinsérer dans la société, conformément aux dispositions du Code pénal. Cependant, la Cour a suivi les réquisitions du procureur et de l’avocat général dans le cas du bouvier. Mon second client a bénéficié de ces circonstances, ce qui a réduit sa peine à sept ans. Je suis peiné pour le premier, mais je ne saurais blâmer la décision de la Cour », a laissé entendre Me D’Almeida René, avocat commis d’office pour assister les deux accusés.
Outre les peines d’emprisonnement, les deux malfrats sont également condamnés à payer une somme de 14,735 millions FCFA à la victime blessée et 700 mille FCFA au gardien qui a perdu sa moto.
Anika A.









