Lomé, le 13 mai 2025 (©AfreePress) – La Dynamique pour la Majorité du Peuple (DMP) a vivement dénoncé, mardi 13 mai, la tenue de la conférence internationale sur la dette publique organisée à Lomé par le gouvernement togolais, en partenariat avec la Commission de l’Union Africaine.
Placée sous le thème : « Restaurer et préserver la viabilité de la dette », cette rencontre est perçue par la coalition de l’opposition comme une opération de façade, déconnectée des réalités socio-économiques du pays.
Dans un communiqué au ton incisif, la DMP qualifie l’événement de « mascarade technocratique », pointant du doigt un exercice de communication institutionnelle sans impact réel sur le quotidien des Togolais. Elle accuse l’exécutif d’instrumentaliser cette conférence pour masquer, selon elle, une gouvernance autoritaire et opaque, insensible aux aspirations populaires.
La coalition, composée principalement de formations politiques de l’opposition, s’insurge contre le fait que les débats sur la soutenabilité de la dette s’opèrent dans un contexte national marqué par des tensions économiques et démocratiques inquiétantes.
Selon les chiffres cités par la DMP, la dette publique du Togo dépasserait les 4 000 milliards de FCFA, soit près de 68 % du Produit Intérieur Brut (PIB), dont plus de 60 % constitueraient une dette intérieure contractée à des conditions jugées peu soutenables. Cette situation, alerte-t-elle, exercerait une pression insoutenable sur les finances publiques sans retombées concrètes pour les populations, notamment en matière d’accès aux services sociaux de base, d’infrastructures ou d’emplois.
En outre, la DMP remet en cause la légitimité des institutions internationales impliquées dans cette conférence, estimant qu’elles cautionnent « une fuite en avant d’un régime coupé du peuple », ignorant les exigences de transparence, de redevabilité et de participation citoyenne dans la gestion des finances publiques.
Face à cette situation, la DMP formule plusieurs exigences à savoir la réalisation d’un audit indépendant de la dette publique ; la mise en place de mécanismes de contrôle démocratique sur les emprunts contractés ; et la création, par l’Assemblée nationale, d’une commission d’enquête parlementaire sur la gestion des engagements financiers de l’État.
La coalition conclut en appelant à un « nouveau départ » pour le Togo, fondé sur la rupture avec les pratiques actuelles et le rétablissement d’une gouvernance réellement représentative de la volonté populaire.
La conférence de Lomé se poursuit jusqu’au 14 mai 2025.
Anika A.









