Eswatini, 12 mai 2026 -AfreePress- La Présidente du Parlement de la CEDEAO (Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest) a lancé, le 11 mai 2026 depuis l’Eswatini, un vibrant plaidoyer pour une diplomatie parlementaire de rupture.
C’était à l’ouverture de la 1ère session de l’Assemblée parlementaire paritaire Afrique–Union européenne, consacrée au rôle des organisations régionales dans la promotion de la paix et de la sécurité en Afrique de l’Ouest. A cette occasion, elle a appelé à une alliance stratégique renforcée entre les législatifs des deux continents pour endiguer les crises sécuritaires.
Un contexte sécuritaire « particulièrement volatile »
Dans un message limpide et sans détour, la présidente du Parlement régional a dressé un constat alarmant. L’Afrique de l’Ouest est confrontée à des « défis sécuritaires très complexes », dans un environnement devenu « de plus en plus volatile ».
Ces menaces, qui exacerbent les vulnérabilités économiques et sociales, « précarisent les conditions de vie et menacent les citoyens et les institutions », a-t-elle relevé.
Face à cette turbulence, la CEDEAO s’est dotée d’un arsenal normatif et opérationnel. Outre les stratégies de lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent, l’organisation a renforcé ses mécanismes d’alerte précoce et procédé à la mise en place de sa force en attente. « Ces instruments ont sous-tendu les efforts menés dans la consolidation de la gouvernance politique », a-t-elle souligné, rappelant qu’ils ont permis d’assurer la convergence des normes constitutionnelles et le respect des droits humains et de l’État de droit.
La diplomatie parlementaire, « pierre angulaire » sous-utilisée
Le cœur du discours a porté sur un levier que la présidente estime encore trop méconnu. Il s’agit de la diplomatie parlementaire. « Nous avons développé un outil encore trop peu valorisé », a-t-elle martelé, enjoignant les parlements à devenir des « acteurs essentiels et complémentaires » de l’architecture sécuritaire régionale.
Selon elle, cette diplomatie législative possède une vertu spécifique. C’est la capacité à « faire dialoguer les acteurs politiques là où les institutions sont bloquées ». Elle constitue ainsi une « passerelle entre l’élaboration des politiques et les réalités vécues par nos citoyens sur les deux continents ». L’enjeu est d’ancrer l’action régionale dans les aspirations profondes des populations et de renforcer la confiance entre représentants élus.
Inclusion, harmonisation juridique et menaces transnationales
La présidente du Parlement de la CEDEAO a toutefois posé une condition sine qua non : aucune stratégie de consolidation de la paix « ne saurait être pleinement efficace sans inclusion ». Elle a ainsi réclamé la participation active des femmes et des jeunes aux processus politiques, assortie d’un « contrôle démocratique effectif » et de processus politiques inclusifs.
« La paix durable ne saurait être l’apanage exclusif de l’exécutif », a-t-elle tranché.
Sur le plan sécuritaire concret, elle a insisté sur l’impératif d’harmoniser les cadres juridiques et réglementaires pour faire face aux menaces transnationales — qu’il s’agisse du terrorisme, de la cybercriminalité ou de l’insécurité maritime. Cette convergence législative constitue, selon elle, un impératif stratégique pour accroître l’efficacité des réponses collectives.
L’Accord de Samoa au centre du partenariat
Dans cette architecture de coopération, la présidente a réservé une place de choix au partenariat entre l’Organisation des États de l’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (OEACP) et l’Union européenne.
L’Accord de Samoa, qui fonde ce partenariat global sur les principes de réciprocité, de co-responsabilité et de partenariat équilibré, a été cité comme le socle d’un engagement mutuel à approfondir.
« Le Parlement de la CEDEAO attache une importance toute particulière à ce cadre », a-t-elle affirmé, réitérant la « ferme volonté » de l’institution régionale d’œuvrer pour un « dialogue politique horizontal renforcé » avec l’Assemblée paritaire.
Un appel à la co-construction institutionnelle
En conclusion, la présidente a réaffirmé la détermination du Parlement de la CEDEAO à œuvrer pour « un espace de paix, de stabilité et de prospérité partagée ». Elle a salué la tenue de cette session inaugurale comme la preuve de l’attachement à une « co-construction institutionnelle » entre parlementaires africains et européens.
« La quête de la paix et de la sécurité en Afrique de l’Ouest appelle des institutions fortes, un attachement indéfectible aux principes démocratiques et une coopération renforcée à tous les niveaux », a-t-elle conclu, avant de remercier l’assemblée de son « attachement au dialogue politique régional structuré ».
Par Olivier A.









