Lomé, le 20 novembre 2024 – (©AfreePress)-Plus de souci à se faire pour devenir Chef d’Etat en Afrique en ces temps de la lutte contre l’impérialisme occidental. Oui, la solution devient simple, surtout si l’on est militaire.
Il suffit en effet de prendre les armes et de renverser le pouvoir en place. Et pour avoir le soutien du peuple et rester pour longtemps scotché dans le fauteuil présidentiel, on devient le chantre du panafricanisme du siècle, c’est-à-dire, celui dont le rôle est de crier » À bas la France « .
C’est tout le secret, même si l’on a toujours été très actif dans la protection des intérêts du régime renversé avec qui on a toujours été complice. Presque tous les Africains aujourd’hui ne veulent qu’un seul discours: » On ne veut plus de la France. »
Les hommes en treillis le savent bien. Alors, pour devenir un héros, il faut entonner le refrain et la masse rentre dans la danse au moment où l’on jouit paisiblement des privilèges du pouvoir. Quelle belle découverte! Quelle aubaine ! Quel beau business bien rentable!
Le poète sénégalais, Léopold Sedar Senghor ne pensait pas aussi bien connaître l’Africain lorsqu’il disait : « L’émotion est nègre et la raison héllène ». Décidément, l’émotion est véritablement nègre. Les nouveaux messies, une fois parvenus au pouvoir, peuvent commettre toutes les dérives, ils peuvent se plaire à conduire leur pays dans le précipice, cela ne dérangera personne, l’essentiel et de continuer d’entonner le refrain: « A bas la France » que la masse ivre d’euphorie répète les yeux fermés: « Oui, à bas la France ».
La situation sécuritaire dont on prétend être le meilleur maître comparativement au régime renversé peut se dégrader au fil des jours, nul ne doit en parler. Le slogan anti-français suffit pour satisfaire les émotions.
Et pour éviter l’éveil des consciences lorsque le bilan de la gestion tourne mal, on ferme tous les médias qui osent diffuser le débat contradictoire et les informations non élogieuses. On menace les organisations de la société civile qui refusent d’être des griots de la junte au pouvoir. Lorsque la désillusion frappe à la porte, l’homme fort au pouvoir invente un nouveau complot impérialiste et appelle les populations à une mobilisation de soutien. Malheur à celui qui lèvera le petit doigt pour faire observer ce qui va mal dans le pays sous le règne du putschiste tout-puissant. S’il n’est pas envoyé sur le champ de bataille, c’est en prison qu’il finit souvent sa course. Il devient le valet des impérialistes et l’ennemi du pays, l’apatride à abattre.
En peu de mots, personne n’a le droit d’oser exprimer son opinion même si l’homme fort du pays s’égare, au risque d’être traité de traître et ami de la France.
Il n’est même plus permis de parler des élections qui viendraient mettre fin à la transition si juteuse, cela aussi peut conduire en prison.
La recette est bien trouvée et ça marche à merveille pour l’instant.
Que c’est bien formidable, le nouveau business au sommet de nos États en Afrique.
Tara F.









