Lomé, le 23 mars 2026-(©AfreePress)-À moins d’un mois de l’élection présidentielle prévue le 12 avril 2026, Romuald Wadagni, ministre de l’Économie et candidat de la majorité, a officiellement présenté son programme de société lors d’un grand rassemblement tenu samedi 21 mars au Palais des Congrès de Cotonou.
Dauphin désigné du président sortant Patrice Talon, le candidat de 49 ans, en poste aux Finances depuis 2016, s’inscrit dans la continuité des réformes économiques engagées ces dernières années, tout en promettant une nouvelle dynamique fondée sur l’innovation et la valorisation du capital humain.
Une candidature dans un contexte électoral inédit
Pour ce scrutin présidentiel, les électeurs béninois devront départager deux candidats seulement. Il s’agit de Romuald Wadagni et Paul Hounkpè, représentant des Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE). Une configuration exceptionnelle marquée par l’absence du principal parti d’opposition, Les Démocrates, recalé faute de parrainages suffisants.
Une entrée en scène maîtrisée et symbolique

Dans une atmosphère empreinte d’enthousiasme, devant une salle comble acquise à sa cause, Romuald Wadagni est apparu dans une tenue sobre et sans formalisme excessif, privilégiant un style accessible. Le rassemblement, haut en couleurs, a réuni des milliers de partisans venus de toutes les régions du pays.
S’appuyant sur le bilan économique du régime Talon, il a mis en avant des performances macroéconomiques notables, évoquant notamment un taux de croissance ayant franchi le seuil des 7 % en 2025. Dans cette dynamique, il ambitionne de restructurer le territoire en six pôles régionaux de développement, articulés autour de secteurs stratégiques tels que l’industrie, le tourisme, l’agriculture — qui représente environ 25 % du PIB — et les technologies.
La jeunesse et le numérique au cœur du projet
Au centre de son programme figure une priorité clairement affichée : la jeunesse. Dans un pays où l’âge médian avoisine 29 ans, le candidat entend bâtir un écosystème favorable à l’émergence des talents.
« Nous veillerons à ce que chaque jeune, où qu’il se trouve sur le territoire, puisse accéder à des outils de formation, d’accompagnement et d’innovation pour exprimer pleinement son potentiel dans le numérique », a-t-il déclaré.
Romuald Wadagni ambitionne ainsi de positionner le Bénin comme un futur exportateur de solutions technologiques en Afrique.
Diaspora et investissements : un levier stratégique
Dans la continuité de cette vision, le candidat a également échangé en direct avec la diaspora béninoise, qu’il considère comme un acteur clé du développement économique. Il a plaidé pour un renforcement des mécanismes de connexion et d’information afin de stimuler les investissements et les transferts de compétences.
Indépendance politique et gouvernance

Face aux interrogations relatives à une éventuelle influence persistante de Patrice Talon sur sa gouvernance, Romuald Wadagni s’est voulu rassurant :
« Le président Patrice Talon est un homme de parole. S’il m’arrive d’être élu, il se retirera », a-t-il affirmé.
Sécurité régionale et coopération sous-régionale
Dans un contexte sécuritaire marqué par la menace jihadiste dans la sous-région, notamment dans le nord du Bénin, le candidat a insisté sur la nécessité de renforcer la coopération avec les pays voisins afin de garantir la stabilité et soutenir la croissance économique.
Un scrutin sous haute attention
Cette élection intervient après une tentative de coup d’État déjouée en décembre 2025, dans un climat régional tendu. Malgré cela, les institutions béninoises ont poursuivi leur fonctionnement, comme en témoignent les dernières élections législatives et communales remportées par la majorité.
Le 12 avril prochain, les électeurs béninois seront appelés à élire le sixième président de leur histoire démocratique, à l’issue d’une décennie marquée par les réformes du président Patrice Talon, dont le bilan reste un axe central du discours de la majorité.
Ferdinand GADE









