Lomé, le 05 juin 2026 -(©AfreePress)- Enseveli sous des décennies d’oubli, l’ancien jardin public de Hanoukopé, quartier populaire de la capitale togolaise, a retrouvé jeudi ses lustres d’antan. À l’initiative de l’Association Russo-Togolaise (ART) et en partenariat avec l’exécutif de la mairie du Golfe 4, une centaine de jeunes plants de Kayak ont été mis en terre, dans le cadre de la 49e édition de la campagne nationale de reboisement. Un geste civique autant qu’un symbole diplomatique.
Un jardin colonial de retour à la vie
Il aura fallu plus de quarante ans d’abandon et une campagne nationale pour que Hanoukopé retrouve son souffle vert. Le jeudi 4 juin 2026, sous un ciel de saison, responsables associatifs, élus locaux, membres du Comité Villageois de Développement (CVD) et riverains se sont réunis autour d’un même geste fondateur. Planter des arbres. Cent jeunes plants de Kayak ont ainsi été confiés à la terre de ce jardin que l’on croyait perdu, dans un élan collectif à la fois symbolique et concret.

Née sous la colonisation, cette oasis urbaine avait longtemps constitué le poumon du quartier, un espace de convivialité où passants et habitants venaient se délasser à l’ombre des frondaisons. Le temps, la négligence et l’urbanisation galopante en avaient eu raison. Ses reposoirs s’étaient effondrés, sa végétation s’était étiolée, sa vocation s’était évanouie.
La diplomatie verte de l’ART
C’est l’Association Russo-Togolaise (ART), portée par sa présidente Mme Dina AKO, qui a soufflé sur ces braises assoupies. Pour cette responsable associative, l’initiative transcende le simple acte de reboisement. « Nous sommes fiers de cet acte civique. Ces jeunes plants de Kayak donneront verdure et ombrage à tous ceux qui fréquenteront ce lieu, qu’ils soient riverains ou simples passants », a-t-elle confié.
Mme AKO a également annoncé, en cette journée inaugurale, le changement de dénomination du site. Désormais baptisé « Jardin de l’Amitié Russo-Togolaise », l’espace devient le symbole vivant et enraciné des liens fraternels unissant Moscou et Lomé. Une appellation qui, à la faveur de chaque pousse nouvelle, ancrera un peu plus dans la terre togolaise la profondeur de ce partenariat bilatéral.
Pascal Bidjakine, secrétaire général de l’ART, a quant à lui replacé l’initiative dans une perspective plus large. « Profitant de la prochaine ouverture de la Maison Russo-Togolaise à Lomé, nous avons voulu que cet ancien jardin public redevienne ce qu’il a toujours été, un espace de vie, de repos et de partage pour les populations environnantes ».

Une mémoire de quartier retrouvée
Parmi les personnalités présentes, Dampite Bouan Kone, conseiller municipal à la mairie du Golfe 4 et rapporteur de la commission des affaires sociales, n’a pas dissimulé son émotion. Pour cet élu au verbe mesuré, le jardin de Hanoukopé est avant tout une affaire de mémoire et d’enfance. « Ce jardin existait depuis la période coloniale. Nous, les enfants du quartier, y passions du temps en cachette, malgré les mises en garde de nos parents et de nos aînés. Avec le temps, il a été abandonné et ses reposoirs ont été détruits. Ce jardin nous manquait »n a-t-il témoigné.
Le conseiller a salué sans réserve la démarche de l’ART, y voyant non seulement une réponse aux enjeux environnementaux actuels, mais aussi une manière de restituer aux habitants de Hanoukopé un patrimoine commun injustement dérobé par l’indifférence des années.

Perspectives : fleurs, reposoirs et Maison Russo-Togolaise
La plantation de ce jeudi ne constitue que le premier acte d’une réhabilitation appelée à s’étaler dans le temps. L’ART entend poursuivre les travaux par l’installation de reposoirs et la plantation de fleurs, afin de rendre au jardin sa physionomie d’antan et, au-delà, d’en faire un véritable espace de détente pour les populations du quartier et les voyageurs de passage.
Cette initiative s’inscrit par ailleurs en résonance avec un projet diplomatique d’envergure. Il s’agit de l’ouverture prochaine de la Maison Russo-Togolaise à Lomé, qui ambitionne de devenir un pôle de rayonnement culturel et de coopération bilatérale. Le jardin de l’Amitié Russo-Togolaise en sera, en quelque sorte, le prolongement naturel à ciel ouvert.
La 49e édition de la campagne nationale de reboisement, officiellement lancée le 1er juin 2026, poursuit ainsi sa progression à travers le pays, une pelle à la main, un avenir vert en ligne de mire.
A retenir
1. Un jardin colonial de retour à la vie
2. La diplomatie verte de l’ART
3. Une mémoire de quartier retrouvée
4. Perspectives : fleurs, reposoirs et Maison Russo-Togolaise
René BLEWOUSSI | ©AfreePress









