Lomé, le 09 décembre 2025 -(©AfreePress)- Le Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (REMAPSEN-Togo) a tenu, lundi 8 décembre, une nouvelle édition de son traditionnel « Rendez-vous du Remapsen ». Événement placé cette année sous le signe de l’inclusion et de la lutte contre les discriminations visant les femmes et filles handicapées.
Organisée en collaboration avec l’ONG La Colombe et ONU Femmes, avec l’appui du Fonds français MUSKOKA, cette rencontre s’inscrit dans le cadre des 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre (VBG), sous le thème national : « Agissons ensemble contre les violences à l’égard des femmes et des filles handicapées au Togo ».
Selon les données du recensement général de 2022, 10,73 % de la population togolaise vit avec un handicap, a rappelé Enyonam Akakpo-Numado, président du Conseil d’administration de la Fédération Togolaise des Associations de Personnes Handicapées (FETAPH). Parmi ces personnes, les femmes représentent 57 %, faisant d’elles une catégorie particulièrement vulnérable aux violences, aux discriminations et à l’exclusion socioéconomique.

M. Akakpo-Numado a évoqué les obstacles persistants auxquels ces femmes sont confrontées à l’instar de l’accès limité à l’éducation, à la formation, à l’emploi ou aux services sociaux, la marginalisation dans les marchés, les ateliers ou au sein même des foyers, les abandons conjugaux liés à la grossesse, et les stigmatisations nourries par certaines croyances sociales encore vivaces. « L’inclusion n’est pas une option, mais une nécessité si nous voulons atteindre le progrès social et les ODD », a-t-il martelé, exhortant les médias à porter « haut et fort » le message du changement.
Corine Lokossi, conseillère au sein du Conseil d’administration de l’ONG La Colombe, a insisté sur l’importance de la communication pour susciter un changement durable. Illustrant par des récits personnels la réalité des obstacles visibles et invisibles auxquels les personnes handicapées sont confrontées, elle a rappelé que le handicap peut toucher n’importe qui à tout moment de sa vie. « La base, c’est la communication. Il faut insister sur l’inclusion et encourager les personnes handicapées à s’intégrer », a-t-elle affirmé, saluant la mobilisation des professionnels des médias autour de ce combat.
Pour la coordonnatrice du REMAPSEN-Togo, Ambroisine Mémedé, la mobilisation médiatique constitue un levier essentiel pour inverser des tendances préoccupantes. Elle a rappelé que, selon le ministère de l’Action sociale, le Togo enregistre environ 2 000 cas de violences basées sur le genre chaque année, un chiffre largement inférieur à la réalité en raison du silence, de la peur et des difficultés d’accès aux mécanismes de prise en charge, particulièrement pour les femmes handicapées.

Le « Rendez-vous du Remapsen » ambitionne, à cet égard, de renforcer les compétences des journalistes afin de leur permettre de traiter ces questions avec rigueur, sensibilité et responsabilité, tout en contribuant à un changement durable des mentalités.
« Qui mieux que les journalistes pour enquêter, sensibiliser, porter le débat public et défendre les droits humains ? », a-t-elle souligné, invitant les médias à s’engager davantage.
Les intervenants ont unanimement reconnu les efforts du gouvernement en matière de promotion de l’inclusion, tout en rappelant que « l’inclusion est un chemin », nécessitant l’implication constante des institutions, des médias, des familles et des communautés.
Dans les jours à venir, le REMAPSEN-Togo poursuivra sa campagne de sensibilisation à travers des émissions radio et télévisées, en partenariat avec ONU Femmes, la FETAPH et l’ONG La Colombe.
Albertine A.









