Lomé, le 04 août 2025- (©AfreePress)-Face à la recrudescence des menaces sécuritaires au nord du Togo et dans plusieurs zones instables d’Afrique de l’Ouest, l’Observatoire Togolais des Médias (OTM) a organisé, vendredi 1er août, une conférence académique placée sur le thème : « Cadre juridique de protection et d’accès des journalistes en zones hostiles ».
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet : « Promouvoir la liberté d’expression et protéger les défenseurs des droits de l’homme au Togo ». Projet mis en œuvre avec l’appui financier de l’Union européenne et en partenariat avec l’Institut Panos Afrique de l’Ouest (IPAO) et le Réseau interafricain FAMEDEV (Femmes, Médias, Genre et Développement).
L’événement a réuni journalistes professionnels, étudiants en journalisme et membres de la société civile, autour de deux modules d’expertise animés par des spécialistes de terrain.
Le premier panel, conduit par Dr Tchakbera Adji David, sociologue de l’information et de la communication, a porté sur le thème : « Les enjeux du journalisme dans les zones sensibles et de conflits en Afrique de l’Ouest ». L’exposant a dressé l’état des lieux des défis auxquels sont confrontés les journalistes dans des environnements minés par l’instabilité, en soulignant les risques liés à l’accès à l’information, à la manipulation médiatique et à la sécurité physique des reporters.
Le second module, animé par le Commissaire divisionnaire Kpatcha Tchendo, s’est intitulé autour des : « Droits et devoirs du journaliste vis-à-vis du dispositif sécuritaire ». Il a rappelé l’impératif du respect des cadres juridiques encadrant le travail de la presse en zone sensible, tout en mettant en garde. « L’autorisation d’accès n’est pas un gilet pare-balles. La prudence, la formation et l’anticipation des risques doivent guider chaque pas du journaliste en mission », a-t-il indiqué.
Le Commissaire a également insisté sur l’intégration des principes fondamentaux du droit international humanitaire, notamment ceux de distinction, de proportionnalité et de protection, dans la couverture des zones de conflit. Il a exhorté les rédactions à assumer leur part de responsabilité dans la sécurisation de leurs envoyés spéciaux.

Pour Fabrice Petchezi, président de l’OTM, cette conférence marque une étape essentielle dans la professionnalisation de la couverture des crises. « Le journaliste doit pouvoir exercer sa mission d’informer en toute sécurité, tout en respectant les lois et les principes déontologiques ».
Dans un contexte où les zones à haut risque s’étendent, notamment dans les régions septentrionales du Togo, cette démarche s’inscrit dans une dynamique régionale de renforcement des libertés fondamentales et de la protection des acteurs de l’information, essentiels à la vitalité démocratique.
Albertine A.









