
Entre coopération éducative, échanges culturels et initiatives citoyennes, l’Association Alternative Russo-Togolaise (AART) entend contribuer au rapprochement entre le Togo et la Fédération de Russie. Ouverte au public le 26 juin 2026, l’association multiplie les actions sociales, culturelles et sportives, tout en accompagnant les jeunes Togolais désireux de poursuivre leurs études en Russie. Dans cet entretien accordé à l’agence de presse AFREEPRESS, son président par intérim, Pascal Bidjakine ALEKEDJOA, revient sur les missions de l’association, ses activités, ses partenariats et ses perspectives, notamment le développement de jumelages entre les mairies togolaises et des collectivités russes.
AFREEPRESS : Qui est Pascal Bidjakine ALEKEDJOA ?
Pascal Bidjakine ALEKEDJOA : Je suis le président par intérim de l’Association Alternative Russo-Togolaise (AART). De profession, je suis ingénieur de conception en électronique.
AFREEPRESS : Pouvez-vous présenter l’Association Alternative Russo-Togolaise, notamment sa date de création, ses statut et règlement et ses missions ?
Pascal Bidjakine ALEKEDJOA : C’est une association apolitique qui se définit comme l’Alternative Russo-Togolaise (ART). Les statuts et le règlement intérieur ont été déposés au ministère de l’Administration territoriale au cours du mois de mai 2026. L’association a ouvert ses portes au public le 26 juin 2026.
L’AART a pour mission de favoriser les relations sociales, culturelles, éducatives et sportives entre la Fédération de Russie et la République togolaise.
AFREEPRESS : Qui sont les membres fondateurs et comment le bureau est-il composé aujourd’hui ?
Pascal Bidjakine ALEKEDJOA : Parmi les membres fondateurs, nous avons l’honorable ADJAKLO Kokou Matthieu, président de l’Association des anciens étudiants et stagiaires togolais de l’Union soviétique, GBETI Tchapo, vice-président de cette association, ainsi que moi-même, Bidjakine ALEKEDJOA, qui en suis le secrétaire général. Mme Djinam AKO et bien d’autres personnes font également partie des membres fondateurs de l’Association Alternative Russo-Togolaise.
Aujourd’hui, le bureau est composé d’un président par intérim, Pascal Bidjakine ALEKEDJOA, et d’un secrétaire général, entre autres.
AFREEPRESS : Pourquoi avoir choisi de présenter officiellement l’association au public le 26 juin dernier ?
Pascal Bidjakine ALEKEDJOA : Nous avons créé l’association et il fallait la faire connaître. Pour cela, nous devions la présenter au public et expliquer ses objectifs. C’est la raison pour laquelle nous avons organisé cette présentation.
Coopération éducative et apprentissage du russe
AFREEPRESS : Vos cours de russe ont été lancés avec un premier groupe de 48 étudiants. Quel est le profil des apprenants et comment les cours sont-ils organisés ?
Pascal Bidjakine ALEKEDJOA : Nous avons commencé avec un premier groupe d’étudiants qui avaient bénéficié de bourses de la Fédération de Russie pour aller y étudier. Nous leur avons dispensé des cours au cours des mois de juillet et août. À l’issue de cette formation, ils ont reçu leurs attestations et sont aujourd’hui tous en Fédération de Russie pour poursuivre leurs études.
Après cette première expérience, nous avons lancé de nouvelles inscriptions. Aujourd’hui, nous comptons 74 inscrits qui suivront les cours jusqu’au mois de juillet 2027.
AFREEPRESS : La commission mixte entre le Togo et la Russie vient de se tenir à Lomé, avec des accords annoncés dans les domaines de l’éducation, de la recherche et de la culture. Qu’est-ce que cela change pour une association comme la vôtre ?
Pascal Bidjakine ALEKEDJOA : Cela change beaucoup de choses. Vous remarquerez qu’aujourd’hui, nous sommes en train de diffuser des informations sur les possibilités d’obtention de bourses pour étudier en Fédération de Russie.
L’année passée, la Fédération de Russie a octroyé au Togo 89 bourses. Pour l’année scolaire 2027-2028, ce nombre devrait passer à 180. Cela signifie que l’ART a un travail à faire. Nous ferons tout pour que les jeunes puissent effectivement bénéficier des bourses mises à leur disposition.
Des actions sociales, culturelles et sportives
AFREEPRESS : Parmi vos activités — rencontres littéraires, scènes ouvertes, cours et autres initiatives — lesquelles ont eu le plus d’écho ? Quels résultats pouvez-vous citer ?
Pascal Bidjakine ALEKEDJOA : Parmi les activités que nous avons menées, nous avons distribué des kits scolaires à 78 élèves à la maison royale du chef de Hédzranawoè. Nous avons également distribué des kits scolaires à des enfants nécessiteux à Tchékpo-Dédékpoè.
Nous avons organisé des activités de salubrité sur la plage de Lomé et à Aného. Au cours du mois de juillet dernier, nous avons organisé sur la plage de Lomé la Journée de défense et de travail, pour montrer que les participants sont prêts à travailler et à défendre leur pays. Cette journée a été célébrée en collaboration avec les fédérations de cyclisme et de Karaté, ainsi qu’avec des acteurs du jeu d’échecs.
Au siège de l’association, nous avons organisé à deux reprises des activités autour du jeu d’échecs à l’intention des jeunes joueurs togolais. Nous avons également organisé un concours de peinture au cours duquel trois jeunes peintres togolais ont été primés.
Nous avons contribué à l’embellissement du rond-point de Kodjoviakopé, situé à proximité de l’ambassade d’Allemagne, et organisé un tournoi de basketball dans l’enceinte du Village du Bénin. Pas plus tard que samedi dernier, une équipe s’est rendue sur l’Île aux Carpes, à Aného, pour y mener une opération de nettoyage.
Toutes ces activités sont marquantes les unes que les autres.
Partenariats et fonctionnement de l’association
AFREEPRESS : Avec quelles structures russes travaillez-vous et quels sont vos liens avec l’ambassade de Russie ?
Pascal Bidjakine ALEKEDJOA : L’ART travaille avec African Initiative, une agence de presse russe qui est également à l’origine de la promotion de notre association. Nous travaillons aussi avec l’ambassade de Russie.
Vendredi dernier, l’ambassadeur de la Fédération de Russie était présent avec toute son équipe à l’occasion d’une exposition de photos consacrée au sommet Russie-Afrique. Des maires, des conseillers et des autorités togolaises étaient également présents. Nous travaillons en symbiose avec l’ambassade de Russie.
AFREEPRESS : Qui est votre interlocuteur principal et comment peut-on le joindre ?
Pascal Bidjakine ALEKEDJOA : Au centre, nous avons le directeur de la Maison de la Russie, M. Alain LANGALENE. Vous pouvez vous rapprocher de lui pour obtenir toutes les informations nécessaires.
AFREEPRESS : Comment le centre russe est-il organisé et qui en assure la direction ?
Pascal Bidjakine ALEKEDJOA : Comme je l’ai dit, le premier responsable ici est Alain LANGALENE. Il est aidé dans ses tâches par les jeunes et par l’Association Russo-Togolaise.
Nous avons ouvert le centre le 26 juin dernier. Cela fait seulement quelques mois que nous avons commencé nos activités.
AFREEPRESS : Comment l’ambassade de la Fédération de Russie est-elle organisée en ce qui concerne la coopération avec les associations togolaises ?
Pascal Bidjakine ALEKEDJOA : Au niveau de l’ambassade, nous avons un chargé d’affaires par intérim qui est en relation avec l’ART.
AFREEPRESS : Comment financez-vous les activités de l’association ?
Pascal Bidjakine ALEKEDJOA : Principalement, les financements viennent d’African Initiative, qui est à l’origine de la promotion de l’association.
AFREEPRESS : Qu’attendent vos partenaires russes de l’association en retour ? Existe-t-il un programme à suivre ou une convention formalisée ?
Pascal Bidjakine ALEKEDJOA : Pour le moment, il n’y a pas de lettre d’engagement. Nous travaillons et rendons compte quotidiennement.
Ce que nos partenaires attendent de nous, c’est de faire connaître la culture russe aux Togolais et, en retour, de faire connaître la culture togolaise aux Russes.
En fait, ce qui a motivé la création de cette association, c’est que les Russes se sont rendu compte qu’ils ne connaissent pas l’Afrique et que l’Afrique, de son côté, ne connaît pas la Russie. Cette association a été créée pour combler ce vide et organiser des échanges culturels afin de faire découvrir les deux cultures aux deux peuples.
AFREEPRESS : Connaissez-vous d’autres associations ou organisations togolaises qui travaillent avec les mêmes partenaires russes ?
Pascal Bidjakine ALEKEDJOA : Peut-être qu’il y en a, mais personnellement, je n’en connais pas.
AFREEPRESS : Si une association ou une école souhaite établir un partenariat avec vous, comment doit-elle procéder ?
Pascal Bidjakine ALEKEDJOA : Nous sommes ouverts à tout type de partenariat, à condition qu’il ne soit ni politique ni militaire. Toute association qui souhaiterait entrer en contact avec nous peut se présenter à notre siège. Nous allons discuter ensemble et voir quelle forme ce partenariat pourrait prendre.

Difficultés et perspectives
AFREEPRESS : Quelles sont les principales difficultés que vous rencontrez dans le fonctionnement de l’association ?
Pascal Bidjakine ALEKEDJOA : Les difficultés existent. L’association est naissante et il faut reconnaître que toute structure qui vient de voir le jour rencontre des difficultés.
Nous avons notamment rencontré des difficultés dans les démarches administratives. Au début, lorsque nous avons voulu collaborer avec les mairies, celles-ci exigeaient de nombreuses correspondances. Mais la situation commence à évoluer, surtout après la tenue à Lomé de la commission mixte entre la Russie et le Togo. Je pense que les choses commencent à aller dans le bon sens.
AFREEPRESS : Quels sont vos prochains rendez-vous et vos projets pour la fin de l’année 2026 et l’année 2027 ?
Pascal Bidjakine ALEKEDJOA : Nous travaillons actuellement sur notre programme. Le 11 novembre prochain, nous allons donner de plus amples informations sur les possibilités d’études en Fédération de Russie. Nous pensons également commémorer des dates clés au Togo et en Russie.
AFREEPRESS : Y a-t-il un dernier point que vous souhaiteriez aborder ?
Pascal Bidjakine ALEKEDJOA : Nous aimerions, à l’avenir, mettre en relation ou en jumelage les mairies avec la Fédération de Russie. C’est un projet inscrit dans notre programme et auquel nous tenons beaucoup.
Interview réalisée par René BLEWOUSSI











