Lomé, le 26 juin 2025-(©AfreePress)- Du 23 au 24 juin 2025, la ville de Bouaké a accueilli une session stratégique du Centre de la CEDEAO pour le Développement du Genre (CCDG), centrée sur le renforcement du rôle des femmes dans la paix, la sécurité et le développement durable en Afrique de l’Ouest.
Organisée dans le cadre du projet régional CEDEAO-Espagne sur « Femmes, Paix et Sécurité », cette rencontre communautaire s’inscrit dans une dynamique de dialogue et de participation inclusive, visant à mieux comprendre les impacts des crises sur les femmes et à valoriser leur contribution dans la prévention et la résolution des conflits.

Durant deux jours, des femmes leaders issues de différents secteurs (société civile, politique, communautés locales) ont partagé leurs expériences et préoccupations, tout en formulant des recommandations concrètes pour renforcer leur implication dans la gouvernance sécuritaire et post-crise. Des échanges constructifs ont également permis d’identifier les obstacles persistants à leur participation effective et les moyens d’y remédier.
L’objectif de cette session à Bouaké était triple. Il s’agit de comprendre l’impact des conflits et crises sur les femmes de la région, identifier les bonnes pratiques en matière d’engagement féminin dans la prévention et la médiation, sélectionner des représentantes pour participer au futur dialogue politique régional avec les chefs d’État de la CEDEAO. Les travaux ont souligné l’importance d’un appui technique et institutionnel accru aux femmes pour leur permettre de jouer pleinement leur rôle dans la stabilisation des communautés et la reconstruction post-conflit.

Les femmes, actrices de paix
« Accorder la dignité de solution aux stratégies endogènes ». Telle est la vision défendue par Dr Bakary Sambe, Directeur de Timbuktu Institute et facilitateur du dialogue. Pour lui, les femmes doivent être pleinement impliquées dans les processus de prévention et de résolution des conflits. Leur rôle ne se limite pas aux périodes post-conflit, elles sont également des actrices incontournables de médiation, de résilience et de reconstruction.
Le dialogue organisé à Dakar a permis de démontrer la capacité des femmes à infléchir les crises les plus complexes, à travers des actions individuelles ou en réseau. Ce modèle de participation féminine est désormais au cœur de la deuxième étape du projet dénommé les Dialogues communautaires.
Ces dialogues auront lieu dans cinq pays membres de la CEDEAO à savoir : Bénin, Guinée-Bissau, Côte d’Ivoire, Libéria et Sénégal, avec une ouverture à d’autres pays selon les circonstances. Ils ont pour objectif de recueillir les expériences, les attentes et les propositions des communautés, notamment des femmes, touchées par les conflits.

Le projet est porté par plusieurs partenaires tels que le Réseau Paix et Sécurité pour les Femmes de l’Espace CEDEAO (REPSFECO), créé en 2009 pour promouvoir l’implication des femmes dans les débats sur la paix ; la Fondation Mujeres por África, une organisation espagnole œuvrant pour le leadership féminin, la gouvernance et le développement durable; les Ambassades d’Espagne et les Bureaux de la Coopération espagnole dans les pays concernés et sous la coordination générale du Centre de la CEDEAO pour le Développement du Genre (CCDG).
Au terme de ces consultations communautaires, une position commune des femmes d’Afrique de l’Ouest sera formalisée. Elle sera présentée aux chefs d’État et de gouvernement lors d’un dialogue politique interactif, réunissant femmes issues de zones de conflit et décideurs. L’objectif : faire entendre la voix des premières concernées et impulser des politiques inclusives pour une paix durable.
Etonam S.









