Lomé, le 25 février 2026 (©AfreePress)- Le Togo renforce son dispositif de réponse à la crise des déplacements forcés. Le gouvernement, à travers le Programme d’Urgence de Renforcement de la Résilience et de la Sécurité des Communautés (PURS), a officiellement lancé, mercredi à Lomé, le Plan de réponse conjoint 2026-2027, doté d’un budget global de 18 milliards de francs CFA, soit environ 33 millions de dollars américains.
La cérémonie de lancement a réuni plusieurs membres du gouvernement, des partenaires techniques et financiers, des représentants des agences des Nations Unies et de la société civile, dans un contexte régional marqué par la persistance de l’instabilité au Sahel.

Depuis 2021, le Togo subit les effets collatéraux de la crise sécuritaire au Sahel. En 2023, plus de 23 000 nouveaux réfugiés ont été enregistrés, tandis que près de 300 demandeurs d’asile continuent d’arriver chaque mois.
À ce jour, 58 945 réfugiés et demandeurs d’asile issus de 28 nationalités résident sur le territoire national. Près de 1,3 million de personnes seraient affectées, directement ou indirectement, notamment dans les régions des Savanes et de la Kara.
Fidèle à sa tradition d’accueil, le pays privilégie une approche « hors camp », favorisant l’intégration des réfugiés au sein des communautés hôtes afin de préserver leur dignité et de consolider la cohésion sociale.
Le coordonnateur général du PURS, le Général Dadja Maganawe, a indiqué à cette occasion, que les actions menées ces dernières années, bien que significatives, ont parfois souffert d’un manque de coordination.
« Ce plan traduit notre volonté commune d’apporter une réponse cohérente, intégrée et durable », a-t-il affirmé.
Élaboré à l’issue d’un processus participatif associant autorités nationales, collectivités territoriales, partenaires internationaux et communautés locales, le Plan 2026-2027 repose sur une approche articulée autour du triptyque humanitaire-développement-paix.

Dans son intervention, la représentante du système des Nations Unies au Togo, Mme Dieng Sow Coumba, a salué l’engagement des autorités, rappelant que près de 245 000 personnes ont bénéficié d’un appui multidimensionnel à fin 2025, notamment grâce au concours du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).
Le nouveau plan s’articule autour de trois axes majeurs. Il s’agit de Protéger les demandeurs d’asile et garantir un accès équitable aux services de protection pour plus de 151 000 personnes, en mettant l’accent sur la protection de l’enfance et la lutte contre les violences basées sur le genre. Assister en répondant aux besoins essentiels de plus de 430 000 personnes, dont 134 000 en situation d’insécurité alimentaire et 47 000 nécessitant un appui en abris et enfin, bâtir la résilience en renforçant les systèmes locaux de santé et d’éducation et en soutenant les moyens de subsistance afin de réduire la dépendance à l’aide humanitaire.

Au total, 433 758 personnes en situation de vulnérabilité critique sont prioritairement ciblées.
Représentant la ministre chargée des Solidarités, le Directeur de cabinet Mazama-Esso Minza a réaffirmé la vision du Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, fondée sur une réponse anticipative et humaniste aux conséquences de la crise sahélienne.
« L’inaction n’est pas une option. La dispersion des interventions ne saurait l’être davantage », a-t-il déclaré, appelant à une mobilisation accrue des partenaires.
Le lancement officiel du Plan de réponse conjoint 2026-2027 marque ainsi une nouvelle étape dans la stratégie togolaise de gestion des déplacements forcés, avec pour ambition de préserver la stabilité sociale et de renforcer durablement la résilience des communautés affectées.
Albertine A.









