Lomé, le 18 mars 2026 -(©AfreePress)- Face à la progression préoccupante de la consommation de substances psychotropes chez les jeunes, les autorités togolaises et les acteurs de la société civile intensifient la riposte. Une réunion stratégique a récemment rassemblé à Lomé des responsables du système éducatif, des professionnels de santé ainsi que l’ONG Recherche Action Prévention Accompagnement des Addictions (RAPAA), en vue de consolider les mécanismes de prévention en milieu scolaire.
Au cœur des échanges, la nécessité de proposer des réponses adaptées à un phénomène en constante expansion. Cannabis, tramadol et boissons fortement alcoolisées figurent parmi les substances les plus répandues dans les établissements scolaires, avec des conséquences alarmantes sur les performances académiques, la santé physique et mentale des élèves, ainsi que sur leur comportement social.
Dans cette dynamique, le Comité National Anti-Drogue (CNAD) a tenu, en début du mois de mars à son siège à Lomé, une séance de travail de haut niveau avec l’ONG RAPAA. Placée sous la présidence du Colonel AMAYI Kossi, cette rencontre a permis de redéfinir les axes prioritaires de la stratégie nationale de prévention contre les substances psychoactives en milieu scolaire.
L’une des orientations majeures issues de ces travaux réside dans l’implication accrue des parents, désormais considérés comme des acteurs déterminants dans la lutte contre ce fléau. Pour Mme AKAMA Akoura, Directrice de la prévention des situations de vulnérabilité à la Direction générale de la protection de l’enfance et vice-présidente de RAPAA, la consommation de drogues n’épargne plus aucune couche sociale et expose particulièrement les adolescents, souvent fragilisés par la pression sociale et les incertitudes liées à leur avenir.
Les discussions ont également mis en lumière les difficultés auxquelles font face de nombreux parents, parfois démunis ou peu présents face à ce phénomène. La dégradation des liens familiaux et l’insuffisance de communication avec les jeunes consommateurs constituent des facteurs aggravants, nécessitant des actions de sensibilisation ciblées. Dans cette optique, les participants ont insisté sur le rôle essentiel des médias dans l’accompagnement des initiatives de prévention.
Toutefois, les autorités entendent privilégier une approche inclusive, fondée sur l’accompagnement plutôt que sur la stigmatisation des familles. Le CNAD préconise ainsi de doter les parents d’outils pratiques leur permettant d’instaurer un dialogue constructif avec leurs enfants, de détecter précocement les comportements à risque et de recourir, le cas échéant, à l’expertise de professionnels de santé.
En plaçant la cellule familiale au centre du dispositif, le CNAD rappelle que la lutte contre les addictions dépasse le cadre scolaire. Elle repose sur une synergie d’actions impliquant éducation, vigilance et responsabilité parentale, indispensables à la protection durable de la jeunesse togolaise.
Cette rencontre marque une avancée significative dans la stratégie nationale de prévention des addictions en milieu scolaire, traduisant une volonté commune des différents acteurs de garantir un environnement éducatif sain, sécurisé et propice à l’épanouissement des apprenants.
Par BLEWOUSSI René









