Lomé, le 07 mars 2026-(©AfreePress)- Les acteurs du secteur foncier étaient réunis, le 6 mars 2026, à Lomé dans le cadre d’un atelier national de consultation consacré au Projet de Réforme Foncière pour l’Accroissement de la Productivité Agricole (LRAP). Cette rencontre vise à faire le point des expérimentations menées sur le terrain et à réfléchir aux perspectives de consolidation de la gouvernance foncière rurale au Togo.
Mis en œuvre dans le cadre du programme Seuil, financé par le gouvernement des États-Unis à travers le Millennium Challenge Corporation (MCC), le projet LRAP ambitionne d’améliorer la gestion du foncier rural, de réduire les conflits liés à la terre et de faciliter l’accès aux terres agricoles.
L’atelier a réuni autorités gouvernementales, collectivités territoriales, chefs traditionnels, chercheurs, organisations de la société civile et représentants des communautés locales.
Pour la Directrice générale de l’OMCA-Togo, Mme Jeanne Bougonou, cette rencontre constitue une étape importante pour capitaliser les expériences issues des consultations locales menées dans les communes pilotes.
« Les consultations organisées dans les communes d’expérimentation ont montré que les questions foncières demeurent au cœur des préoccupations des populations rurales », a-t-elle indiqué, soulignant que ces échanges ont permis d’identifier à la fois des avancées significatives et des défis à relever.
Selon elle, l’objectif de l’atelier est de partager les résultats obtenus sur le terrain et d’enrichir la réflexion nationale sur les mécanismes de gouvernance foncière.
S’exprimant au nom du Comité consultatif national du projet, son président Togbui Djidjoli a rappelé l’importance stratégique de la terre dans les sociétés africaines.
« La terre n’est pas seulement un espace physique. Elle est une mémoire, une identité et un levier essentiel du développement durable », a-t-il affirmé.
Il a également rappelé que la gestion foncière influence directement la stabilité des communautés, la justice sociale et les perspectives de développement économique.
Ouvrant officiellement les travaux, le ministre de l’Aménagement du territoire et de l’Urbanisme, Kodjo Sévon-Tépé Adedze, a fait savoir que la réforme foncière constitue l’une des priorités des politiques publiques au Togo.
Selon lui, les réformes engagées visent notamment à sécuriser les droits fonciers, à réduire les litiges et à encourager les investissements agricoles.
Il a également salué l’appui du gouvernement américain et du MCC dans la mise en œuvre du programme Seuil, qui a contribué à renforcer les bases institutionnelles du secteur foncier et du développement numérique.
Le projet LRAP a été expérimenté dans cinq communes pilotes à travers le pays, notamment dans Zio 4, Wawa 2, Tchamba 3, Dankpen 2 et Oti Sud 2.
Selon le directeur de cabinet du ministère de l’Aménagement du territoire et de l’Urbanisme, Dr Komlan Théodore Edoh, ces expérimentations ont permis d’introduire des mécanismes innovants de dialogue communautaire pour prévenir et résoudre les conflits fonciers.
« Dans certaines localités, des litiges fonciers anciens ont pu être résolus grâce aux discussions communautaires et aux méthodes participatives mises en place », a-t-il précisé.
Pour le directeur du projet LRAP, Tobi Kossigan, les activités du projet se sont concentrées sur quatre axes principaux à savoir la cartographie et le géo-référencement des parcelles, la mise en place d’un système d’information foncière, l’enregistrement des droits fonciers et la gestion des conflits fonciers.
Ces outils devraient permettre de sécuriser davantage les droits des propriétaires terriens et de faciliter les investissements agricoles, tout en favorisant l’accès des populations rurales aux terres cultivables.
Alors que le projet arrive à une phase charnière en raison de la suspension du financement américain, les participants à l’atelier sont appelés à tirer les enseignements des expérimentations afin de soutenir la poursuite de la réforme foncière au Togo.
Albertine A.









