Lomé, 11 mars 2026 -(©AfreePress)- À l’approche de la Journée mondiale de la trisomie 21, célébrée chaque 21 mars, l’Association Mères Amies des Enfants Trisomiques (AMAETRI) a organisé mardi à Lomé, une conférence-débat avec les médias au cours de laquelle elle a présenté les activités prévues dans le cadre de l’édition 2026 de cette journée. Elle a profité de cette occasion pour sensibiliser l’opinion publique à la cause des enfants porteurs de trisomie.
Placée cette année sous le thème : « Ensemble contre la solitude », l’initiative vise à promouvoir l’inclusion sociale et à combattre les préjugés qui entourent encore cette condition génétique.
Officiellement enregistrée auprès du ministère de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et des Collectivités locales, l’association, basée à Kové dans la préfecture d’Agoè-Nyivé, œuvre depuis plusieurs années pour l’amélioration des conditions de vie des enfants trisomiques au Togo.

Parlant au nom du représentant résident de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) au Togo, Éric Assigbley a salué l’engagement constant de l’association et de ses partenaires en faveur de l’inclusion sociale.
Selon lui, la Journée mondiale de la trisomie 21 constitue une tribune essentielle pour rappeler la dignité et les droits fondamentaux des personnes concernées.
« Trop souvent encore, la trisomie est perçue à travers le prisme de la stigmatisation, alors qu’elle n’est qu’une variation naturelle de la condition humaine qui ne devrait en aucun cas limiter l’accès à une vie épanouie », a-t-il déclaré.
Il a rappelé que, selon les estimations internationales, la trisomie 21 touche environ une naissance sur 1 000 à 1 100 dans le monde. Malgré les avancées médicales et sociales, plusieurs défis persistent, notamment l’accès précoce au diagnostic, la prise en charge multidisciplinaire et l’intégration effective dans la société.
Dans cette perspective, l’OMS encourage une mobilisation collective autour de trois priorités à savoir le renforcement du financement de la santé néonatale et de la réadaptation, la garantie d’un accompagnement respectueux et non discriminatoire par les professionnels de santé, et la facilitation d’un changement de perception au sein des communautés.
Marraine de l’association, Mme Krystel Dicoh a exprimé son attachement profond à la cause des enfants trisomiques. « Je n’ai pas choisi d’être marraine, j’ai été choisie et adoptée par l’association et par ces enfants. C’est un engagement de cœur pour porter leur message plus haut et plus fort », a-t-elle confié.
Elle a également rappelé que la célébration du 21 mars constituera à la fois un moment de partage et de réjouissance pour les enfants, mais aussi une occasion privilégiée de sensibiliser la population à l’acceptation de la différence.
De son côté, la présidente d’AMAETRI, Mme Agbassi Tatchein, a présenté les principales activités prévues dans le cadre de l’édition 2026.
Après une phase de sensibilisation menée à travers les médias, l’association prévoit notamment l’organisation d’une caravane le 21 mars dans la ville de Lomé, afin de permettre aux enfants trisomiques de découvrir leur environnement urbain et de participer à des moments de convivialité.
« La plupart de ces enfants restent enfermés à la maison à cause des préjugés. Nous voulons les faire sortir, leur permettre de vivre pleinement et partager un moment d’espérance avec leurs parents », a-t-elle expliqué.
Par ailleurs, AMAETRI ambitionne de mettre en place une base de données nationale destinée à recenser les enfants trisomiques au Togo. L’association projette également la création d’un centre spécialisé dédié à leur accompagnement, dans l’objectif de favoriser leur autonomie et leur insertion sociale.

Invité à la rencontre, le pédiatre Dr Agbeko Foli Yvon, du CHU Campus de Lomé, a apporté un éclairage scientifique sur la trisomie 21. Il a rappelé que cette condition génétique résulte de la présence d’un chromosome supplémentaire sur la paire 21, entraînant certaines particularités physiques et cognitives.
Le spécialiste a insisté sur la nécessité d’un accompagnement global des enfants et de leurs familles. « Ces enfants ont besoin d’amour, d’encadrement et d’une prise en charge multidisciplinaire impliquant pédiatres, psychologues et éducateurs », a-t-il indiqué.
À travers les activités prévues à l’occasion du 21 mars, AMAETRI entend renforcer la sensibilisation et encourager la société togolaise à adopter un regard plus inclusif et bienveillant à l’égard des enfants porteurs de trisomie 21.
Albertine A.









