Lomé, le 12 juillet 2025 –(©AfreePress)- Une conférence-débat consacrée aux enjeux et perspectives de l’entrepreneuriat au Togo et en Afrique s’est tenue, vendredi 11 juillet à l’Institut de Pédagogie Religieuse Saint Paul de Lomé.
Organisé en partenariat avec la Fondation Hanns Seidel, cet événement a rassemblé de nombreux acteurs du monde entrepreneurial à savoir des chefs d’entreprises, experts, investisseurs et jeunes porteurs de projets, venus débattre et s’inspirer de parcours authentiques.
Parmi les temps forts ayant marqué cette rencontre, figure l’intervention très remarquée et appréciée de Jules Logou Minsob, promoteur de la machine à foufou et PDG de FOUFOUMIX S.A.. Symbole d’innovation locale et de ténacité, l’entrepreneur est revenu sur son chemin entrepreneurial semé d’embûches. Méfiance des institutions bancaires, recours contraint aux structures de microfinance, et stratégies de préfinancement audacieuses. « Notre histoire prouve que la créativité togolaise peut triompher. Il suffit de croire en nos idées et de persévérer », a-t-il déclaré avec conviction.
A cette occasion, Mme Tsipoaka Odile, représentante de la GIZ, a mis en lumière le TROFEDEV, un programme national qui promeut l’entrepreneuriat féminin à impact écologique. À travers des distinctions telles que le Grand Prix de l’Entrepreneuriat Vert Féminin ou encore le Prix de l’Innovation Écologique, le projet récompense les femmes qui allient innovation et durabilité. « Il est crucial de valoriser ces initiatives qui œuvrent à la fois pour la planète et l’émancipation économique des femmes », a-t-elle laissé entendre.
De son côté, M. Gilson Parkoo, Directeur général d’Eyram Insurance Consulting-Togo, a mis en lumière les failles du système éducatif togolais, jugé peu propice à l’émergence d’une véritable culture entrepreneuriale. Pour lui, les établissements scolaires togolais forment des demandeurs d’emploi, rarement des créateurs. Il a plaidé pour une refonte profonde des curricula afin d’y intégrer des modules de gestion, de créativité et d’intelligence financière.
L’intervenant a également pointé du doigt la complexité des démarches administratives, l’instabilité des politiques économiques, et les obstacles à l’accès au financement, comme étant autant de freins au développement des entreprises émergentes.
La conférence a pris fin sur des interventions poignantes, notamment celles de Mme Calista Akibode, spécialiste en entrepreneuriat et inclusion, et de l’économiste Sylvain Mawuena. Tous deux ont partagé des récits sincères sur les réalités de terrain qui tournent autour de l’instabilité des revenus, du stress psychologique, du manque d’encadrement et aussi de résilience, d’ingéniosité et de solidarité.
Ils ont mis également mis en exergue les opportunités qu’offre l’entrepreneuriat à l’exemple de l’autonomisation, de la création de richesse, de l’innovation sociale, et d’insertion professionnelle via les outils numériques.
Les participants ont évoqué plusieurs instruments de soutien à l’entrepreneuriat mis en place au Togo comme le FAIEJ, le FNFI, l’ANPGF qui sont des dispositifs d’aide aux jeunes et aux PME et d’autres initiatives pour l’industrialisation et la formalisation que sont la PIA et le CFE. Des exemples de partenariats internationaux ont également été cités comme les actions de la GIZ, du PNUD, de l’Union européenne en faveur de l’entrepreneuriat.

Les recommandations finales ont porté sur la nécessité de réformes systémiques avec une amélioration du cadre réglementaire, un appui renforcé à l’innovation, des mesures d’allègement des procédures administratives, et surtout, une profonde refonte du système éducatif destinée à former les jeunes à entreprendre et non à attendre.
Dans un pays confronté à une jeunesse nombreuse et un taux de chômage élevé, l’entrepreneuriat se présente comme une alternative stratégique. Encore faut-il l’accompagner efficacement.
Albertine A.









